Dieu, l’homme, l’amour
- par Miguel
Dieu, l’homme, l’amour
J’ai combiné, dans le présent article, l’expérience, très riche, de Gustave
Thibon, avec la mienne, qui elle, reste bien pauvre en comparaison de celle de
l’auteur catholique français (cf. notamment Gustave Thibon, « L’Échelle de Jacob
» et « Le Pain de chaque jour », Éditions Fayard, Paris, 1942). Afin de
distinguer mes propos de ceux de G. Thibon, j’ai écrit les miens, sous forme de
commentaires, exprimés entre [parenthèses]. En outre, j’ai eu recours à des
sous-titres, pour éclairer le texte et faciliter sa lecture.
La voix même de Dieu en toi
« Si Dieu existait, de telles horreurs n’existeraient pas », m’a crié cet homme.
– Mais si Dieu n’existait pas, si un ordre spirituel n’était pas immanent au
monde, si le chaos régnait partout, il régnerait aussi dans ton âme, et tu ne
t’indignerais pas.
Ton scandale et ton angoisse en face de l’ordre violé rendent témoignage au
Créateur de cet ordre. Cette indignation qui te fait nier Dieu, elle est la voix
même de Dieu en toi, la voix d’un Dieu trouble encore, impuissant et trop
pressé.
[Si certaines horreurs existent, c’est parce que Dieu est Amour infini ; et que
de ce fait, il respecte notre liberté, y compris celle qui consiste à commettre
des erreurs et des horreurs. L’indignation qui fait nier Dieu ou douter de Lui
est souvent le début ou même, parfois, la voie obligée d’une conversion. A
l’inverse, l’indifférence, y compris face à Dieu, est le refus plus ou moins
conscient d’une possible conversion].
Un Dieu pauvre
Dieu est le plus pauvre et le plus riche des êtres. Il est tout, mais il n’a
rien. Il ne peut que donner lui-même. Et cela explique son insuccès. L’homme a
soif de dons plus extérieurs et moins précieux.
[Si l’on a de la peine à comprendre la pauvreté de Dieu, il suffit de songer au
Christ lors de la nativité, dans une mangeoire à bestiaux ou lors de la
crucifixion, sur les bois].
L’impie et le chrétien
Différence entre un impie profond [un non-croyant convaincu], et un « chrétien
ordinaire » : le premier ignore Dieu personnellement, le second connaît Dieu de
nom.
[On peut donc en déduire qu’à contrario, un « chrétien qui sort de l’ordinaire »
connaît Dieu personnellement. Mais comment faire ? Je crois que nous pouvons
notamment y parvenir par la méditation de l’Incarnation. Celle-ci, nous
l’oublions souvent, est le plus grand miracle de tous les temps, plus grand que
la Création et la Résurrection. Le Fils de Dieu s’est réellement fait homme. Et
nous découvrons ce destin inouï dans l’Évangile. Nous l’expérimentons dans la
Communion, quand nous recevons le Dieu vivant, devenons « tabernacles vivants »
et sortant par là de l’ordinaire].
L’infini et l’illimité
Le pire ennemi de l’infini dans l’homme, c’est l’illimité qui donne l’illusion
de l’infini et qui le cache. Tant qu’un être peut aller de l’avant et que la
borne de sa puissance, de son amour ou de sa liberté recule devant lui, il
ignore l’infini et ne sait rien de Dieu.
[Il est esclave de ses appétits irascibles, qu’il veut satisfaire dans
l’immédiat, et concupiscibles, pour lesquels il consent des sacrifices dans la
durée].
Ce n’est qu’en se heurtant à sa propre limite que l’homme découvre l’infini.
Dieu est toujours derrière la porte impossible à franchir : « N’oublie jamais
que l’homme est sorti du néant et n’oublie jamais non plus que c’est Dieu qui
l’en a tiré. La première de ces vérités te sauvera de l’utopie, la seconde du
désespoir ».
[C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la conversion s’opère souvent dans
l’échec ou l’épreuve ; c’est à dire lorsque nous découvrons notre impuissance,
notre misère].
Christ et souffrance
Le Christ sur la croix a oublié qu’il était Dieu. Ainsi toute la détresse du
monde a pu entrer en Lui. Il avait conservé [mis de côté] l’infini divin pour
accueillir la souffrance et perdu toute force divine pour la soutenir.
[Et ce faisant, le Christ nous a libérés à jamais de la souffrance. Non pas dans
le sens que nous ne souffrons plus. Mais en ceci que nous pouvons désormais
offrir, et non pas subir, notre souffrance. Et devenir ainsi, avec le Christ,
corédempteurs de l’humanité].
Diviniser n’importe quoi
On est prêt à diviniser n’importe quoi (Nature, Devenir, Matière, Race ou État…)
pourvu que Dieu ait les yeux crevés.
[C’était déjà vrai à l’époque où Gustave Thibon écrivait cela ; c’est encore
plus vrai aujourd’hui : le pouvoir, l’argent, le sexe, la nourriture, l’alcool,
la drogue, la musique et même le simple travail sont des idoles au service de
l’homme devenu Dieu].
Conversion
Ne brûle pas ce que tu as adoré : une nouvelle forme d’idolâtrie se cache là.
Tes idoles ne furent pas responsables de ta folie. Brûle seulement ton
adoration.
[L’une des meilleures façons de « brûler » l’adoration de nos idoles passées est
sans doute l’adoration eucharistique de Jésus-hostie en Son Saint sacrement].
Tendresse et prière
Il est deux sortes d’êtres qui sont incurablement privés de noblesse ; ceux qui
ont besoin d’être heureux pour êtres bons et ceux qui ont besoin d’être
malheureux pour songer à Dieu. La douleur de l’être bas s’appelle vengeance, sa
joie orgueil et oubli. L’homme noble est celui que la souffrance rend tendre et
que le bonheur fait prier.
[Cela dit, avoir « besoin d’être malheureux pour songer à Dieu » est parfois
nécessaire. C’est même le début de certaines conversions et reconversions].
Pureté de l’espérance
Souffre, lutte et travaille au-dessus du désir. Tout vient à point à qui
n’attend plus. Préfère ta faim vivante à une satiété morte. Sois lent à réaliser
tes espoirs : rares sont ici bas les bonheurs qui l’emportent en pureté sur
l’espérance. Réserve-toi pour le seul bien qui soit l’épanouissement et non
l’extinction de ton désir.
[C’est dans ce même esprit que les évangélistes assimilent l’espérance à la
confiance, la constance, la patience et la persévérance. Ces quatre dimensions
incarnées de l’espérance en sont l’application concrète au quotidien].
« L’enfer du plaisir »
Beaudelaire. – Son idée centrale : la rédemption du péché par son excès même,
par la douleur impliquée dans cet excès. Fouettée, exaspérée « jusqu’à
l’atrocité », aiguisée en supplice, la volupté coupable retrouve Dieu. Dieu
attend l’âme chez Beaudelaire derrière « l’enfer du plaisir ».
[En première lecture, les propos de Beaudelaire peuvent choquer. Cependant, si
l’on songe à certains Saints, tels Saint Augustin ou Saint François d’Assise,
force est de constater que la débauche et l’ivrognerie vécues jusqu’au dégoût
restent l’une des voies de la conversion].
Ne rien regretter
Le présent te paraît amer par rapport au passé perdu. Tu rêves un retour en
arrière. Si j’avais su ! soupires-tu. Mais tu ne pouvais pas savoir ! C’est
uniquement ton expérience présente qui crée ton regret du passé. Si ce passé
s’était prolongé, si tu ne le regardais pas maintenant à travers le prisme de
l’absence et de l’impossible, la vie te serait peut-être encore plus vide et
plus insupportable qu’aujourd’hui. Rien ne mérite d’être regretté, si ce n’est
Dieu. Et pas même cela car, dès l’instant qu’on regrette Dieu – si loin, si bas
qu’on soit –, c’est qu’on l’a déjà retrouvé.
[C’est pourquoi, le meilleur moyen pour ne rien regretter, c’est de vivre
l’instant présent. La mémoire nous projette dans le passé et l’imagination dans
le futur. Mais il n’y a que dans l’instant et le lieu présents, offerts par
Dieu, que nous pouvons agir].
Obéissance ou esclavage
On n’échappe à l’obéissance que pour choir dans la servitude. Tu t’affliges de
voir de quoi les hommes sont esclaves. Pour avoir la clef de ce « mystère
d’abaissement », cherche donc de qui ils ont refusé d’être les serviteurs.
L’homme n’échappe à l’autorité des choses d’en haut qui le nourrissent que pour
choir dans la tyrannie des choses d’en bas qui le dévorent.
[Prise en ce sens, l’obéissance est la voie menant à la liberté intérieure qui,
précisément, nous affranchi de la servitude envers la débauche, l’ivrognerie et
les soucis de la vie, toutes les trois fausses libertés instrumentalisées par le
Malin].
Égoïsmes
Certains paraissent égoïstes uniquement parce qu’ils n’ont pas encore trouvé en
qui verser leurs trésors. Celui qui n’a rien à donner et celui qui n’a personne
à qui tout donner se ressemblent extérieurement : « Tu vois que cet être attend
cela de toi. Tu hésites, tu te refuses, car rien n’est près en toi pour faire un
tel don. Mais si tout était près en lui pour le recevoir ? Là où tu sens que
Dieu a préparé le sol, n’hésite pas à semer, s’il le faut, d’une main crispée et
d’un cœur absent ».
[« …rien n’est près en toi… » : dans le fond, nous ne sommes, par nous mêmes,
jamais totalement près à donner quoi que ce soit. Il nous faut la grâce de
donner, et celle-ci, nous devons la demander et l’accueillir].
L’Amour : « Je veux l’aimer »
D’un être aimé nous disons : je le porte dans mon cœur. Ainsi il ne pèse pas.
Mais de celui que nous n’aimons pas et dont la présence nous pèse, nous disons :
je l’ai sur le dos… (l’intériorité de l’amour et l’extériorité du fardeau).
Donnez peu à un être. Il trouvera que c’est trop. Mettez-vous à lui donner
beaucoup : il trouvera que ce n’est pas assez. Ainsi s’expliquent la naissance
et la mort de toutes les affections [de tous les amours, de tous les
sentiments]. L’amour commence par l’éblouissement d’une âme qui n’attendait rien
et se clôt sur la déception d’un moi qui exige tout.
Il est des élans qu’il faut savoir freiner d’abord afin de n’avoir pas à les
feindre ensuite. Car le moindre recul en amour conduit à la rupture, avec tout
ce qu’elle comporte de bassesses et d’amertume.
[Dans le réalisme chrétien, dans l’anthropologie philosophique catholique,
l’amour est aussi, et peut-être surtout, une question de volonté et non pas de
simple sentiment. Celui qui aime vraiment son prochain peut dire « je veux
l’aimer tel qu’il est », même les jours où il ne ressent rien de tel sur le plan
affectif et sentimental].
Faut-il analyser l’amour ?
L’analyse tue l’amour. Tout connaître de la sorte, c’est tout mépriser, dira
Nietzsche. Soumises à l’analyse, les meilleures, les plus grandes choses
deviennent cendres et vanité. Mais la pensée inverse est également vraie : les
choses les plus viles ou les plus mauvaises, dès qu’on cesse de les considérer
isolément et qu’on les replace dans leur contexte humain et divin, qu’on remonte
assez haut dans leurs causes ou qu’on les suit assez loin dans leurs effets,
cessent d’être méprisables. – Veux-tu mépriser ce qui est bon et vrai ?
Résous-le en ses éléments. Veux-tu respecter même ce qui est méprisable ?
Incorpore-le dans un ensemble plus vaste, relie-le au monde et à Dieu.
[Il ne nous est pas facile de « respecter même ce qui est méprisable ». Le
Cardinal Charles Journet, donnant en cela une clé pour notre disposition envers
les autres, disait que nous sommes tous misère infinie, et que nous devons tous
coller celle-ci à la miséricorde infinie de Dieu. La miséricorde étant,
rappelons-le, le cœur de Dieu qui se penche sur notre misère].
Amour et souffrance
Aux âmes qui souffrent de ne pas aimer – et de ne pas souffrir par amour – on
voudrait dire combien précieuse est leur misère intérieure et combien Dieu a
soif d’une prière partie de là.
Rien n’est trop pauvre, rien n’est vain en face de Dieu. Il est des êtres qui,
parce qu’ils ignorent les brisements ailés de la souffrance amoureuse, se
croient exclus des profondeurs de la vie divine.
Mais vivre d’amour est autre chose que de vivre l’amour. La vie divine est un
abîme dont nul sentiment humain n’a touché le fond : elle n’est pas dans ce
qu’on sent de Dieu, mais dans ce qu’on donne à Dieu.
Et à celui qui ne trouve dans son âme rien de pur et de vivant à offrir, il
reste à s’offrir lui-même. Offrande nue et foncière [profonde], qui atteint
jusqu’à la substance. Les pauvres sont chers à Dieu parce que, vides de tout
avoir, ils donnent leur être. Ce n’est pas ne rien donner que de donner son
rien.
[« La vie divine est un abîme dont nul sentiment humain n’a touché le fond » ?
Oui. Bienheureuse Élisabeth de la Trinité le priait ainsi : « Bienheureuse
Trinité, ensevelissez-vous en moi, pour que je m’ensevelisse en vous, en
attendant d’aller contempler, en votre lumière, l’abîme de vos grandeurs »].
Amour et haine
Au fond, l’amour et la haine sont nos seuls sentiments spontanés. Ainsi, nous
croyons naïvement à l’affection [au sentiment] « sincère » de l’ami qui nous
exprime sa sympathie, mais si nous apprenons que ledit ami a tenu sur nous des
propos désobligeants, nous considérons ces derniers comme l’expression
authentique de son âme, et tous ses témoignages antérieurs d’amitié nous
apparaissent comme des manœuvres hypocrites. Alors qu’en réalité, c’est le même
besoin universel de plaire, inhérent à toute impuissance, la même incapacité de
s’affirmer, de s’opposer, de dominer les influences, la même absence d’opinion
et de passion personnelles, en bref le même phénomène d’adaptation au milieu qui
dicte ces flatteries en notre présence et ses médisances dans une assemblée
qu’elles réjouissent.
Il est également sincère dans les deux cas, si l’on entend par sincérité cette
absence de préméditation et de fraude, cette spontanéité adaptatives des miroirs
et des girouettes, et il est également hypocrite, si l’on entend par hypocrisie
le manque de tout sentiment certain, profond et durable. Le caméléon est gris
tant qu’il marche sur le sable ; s’il passe sous un arbre, il se colore en vert
; il n’est ni plus sincère ni plu hypocrite dans un endroit que dans l’autre :
il n’est partout qu’un caméléon.
La haine n’est pas une passion réaliste : elle poursuit une image outrageusement
faussée et simplifiée du prochain. C’est notre propre péché que nous haïssons
dans les autres ; nous substituons à la réalité objective de l’être haï la
projection des plus basses parties de nous-mêmes ; nous ne voyons plus ce qui
reste en lui d’humain et d’aimable sous le mal qui suscite notre fureur ; nous
décrétons implicitement qu’il est tout entier ce monstre ou cette canaille que
nous ne sommes qu’en partie.
[« C’est notre propre péché que nous haïssons dans les autres » ? Pas seulement.
Nous pouvons aussi haïr un péché que nous ne pratiquons pas. La solution, me
disait un prêtre, consiste à chercher en autrui dix qualités pour chacun de ses
défauts].
L’amour réciproque
Nous ne sommes pas seuls. Rien n’est plus rare dans nos affections [nos
sentiments, notre amour] que la réciprocité absolue. Telle rencontre qui se
situe pour moi au niveau du hasard, de l’accident fortuit et sans conséquence et
qui ne laissera aucune trace dans ma vie, peut se situer pour mon partenaire
[mon prochain] au niveau de la nécessité, au centre de sa destinée et le marquer
à jamais. Ou inversement. Il faut toujours songer à cela dans nos rapports avec
les hommes [avec les autres].
[En réalité, aucune rencontre n’est due au hasard. Chaque rencontre est
providentielle, en ce sens qu’elle est voulue ou, à défaut d’être voulue,
permise par Dieu ; la Providence étant, rappelons-le, l’action de Dieu sur la
création].
Équilibre, sacrifice et médiocrité
J’ai connu peu d’hommes dits sérieux qui ne soient aussi superficiels et,
réciproquement, un homme profond a beaucoup de peine à rester sérieux en toute
chose…
L’homme équilibré embrasse et harmonise en lui les tendances opposées (la
volonté et la passion, la prudence et l’audace, la lucidité et l’enthousiasme,
etc.). Il échappe aux courants dangereux parce qu’il communie à la source même
du fleuve. L’homme déséquilibré fait de l’équilibrisme, il sait « mener sa
barque ».
Définition du sacrifice. – C’est se précipiter totalement, sans calcul et sans
recours, dans ce qu’on aime. C’est la transmutation du moi en amour.
[S’adressant à Dieu, Saint Nicolas de Flue s’écriait : « Prends moi à moi et
donne moi à toi ! »].
Critère de la médiocrité. – L’être médiocre accepte volontiers les demi-mesures
dans l’amour ou l’amitié. Il n’a pas besoin, pour aimer, d’une estime, d’une
transparence totales et réciproques, d’un don de soi sans réserve : ses
affections les plus chères restent imprégnées de calcul et de défiance, elles
comportent toutes des portes de sorties. Il se plaît d’ailleurs dans ces
demi-mesures, et ne cherche pas autre chose. La marque d’une grande âme au
contraire, c’est d’étouffer dans ces liaisons mesurées, réticentes et
stagnantes.
Martyr, échelles, impuissance
L’homme moderne, pour vivre et mourir en martyr, n’a pas besoin de persécuteurs
et de bourreaux. Il lui suffit d’être le témoin de Dieu contre la détresse et le
néant qu’il porte en son cœur. [Jean-Paul II a dit que le simple fait d’afficher
sa foi catholique dans le monde d’aujourd’hui constituait déjà un début de
martyr].
Pour unir les hommes, il ne sert de rien de jeter des ponts, il faut dresser des
échelles. Celui qui n’est pas monté jusqu’à Dieu n’a jamais vraiment rencontré
son frère. [On pourrait ajouter, car cela est nécessaire dans la vie chrétienne,
qu’il faut notamment dresser et gravir l’échelle de la Croix ].
Tu savoures l’impuissance de ton effort, et l’impuissance plus amère, plus
secrètement désespérante de ta prière. Prie alors : c’est là que la prière cesse
d’être raideur et concentration humaine, prévision, calculs des chances et
qu’elle devient prière. Prier du sein de l’irréparable, attendre de Dieu sa
pâture à travers les branches emmêlées de l’impossible, est-il quelque chose de
plus divinement humain ? Cette espérance incandescente, cette folie d’espérance
qui seule, parmi les choses créées, répondrait totalement à la folie d’amour de
Dieu.
Allons ! Les temps du nid sont révolus, la nostalgie du nid est mirage et
trahison. L’étendue t’appelle : le vide est la patrie des ailes.
Toute ascension se nourrit d’une douleur dépassée. Monter, c’est surmonter.
Maladie, souffrance, douleur. désespoir
Une âme saine dans un corps sain… Cela est beau, mais encore borné et commun. Ce
qu’il y a dans l’homme de plus vaste, de plus ouvert, de plus héroïque, de plus
subtil, de plus délicatement noble et vibrant, c’est une âme saine dans un corps
malade. Une âme qui résiste à la contagion de la détresse vitale et dont la
santé, sans cesse conquise à la pointe de l’épée, est le fruit tendre et
saignant d’une victoire.
La souffrance a ceci de vrai et de profond qu’elle nous fait nécessairement ou
monter ou descendre ; elle ne connaît pas de statut quo ni de ligne horizontale,
elle mène au ciel ou en enfer. Celui qui marche dans la douleur ne marche jamais
en pays plat.
Versant humain et versant divin de la douleur. – Pour atteindre le versant
divin, il faut passer par le désespoir. Tant qu’on gravit le versant humain, la
prière et l’espérance restent accrochées au moi charnel et fini. On atteint
ensuite la ligne de faîte qui est le désespoir absolu. Et puis on descend le
versant divin où la prière et l’espérance déracinées sont suspendues à Dieu
seul. Trois phrases du Christ pendant sa Passion expriment les trois états
d’âmes qui correspondent à ces trois phases. La prière encore captive du moi :
transeat a me calix iste (éloigne ce calice de moi). Le désespoir : Eli, Eli,
lamma sabachtani (mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné). L’abandon
total : in manus tuas commendo spiritum meum (je remets mon esprit entre tes
mains).
Le sommet de la sainteté réside pour le chrétien dans le refus du désespoir.
Pour refuser le désespoir, il faut d’abord l’éprouver, le pâtir à fond, mais il
faut en même temps le dépasser par un acte d’amour aveugle, inconditionnel. On
ne possède Dieu, dans sa pureté surnaturelle, qu’à travers le désespoir pâti et
surmonté.
Maladie. – Certaines affections qui, sans nous tuer, nous conduisent et nous
maintiennent à la limite inférieure de notre être physique, nous rendent un
double service : elles nous révèlent à la fois la dépendance intime et
l’indépendance royale de nos pensées et de nos affections spirituelles à l’égard
de la chair ; elles nous montrent combien cette part du corps est immense et
combien aussi elle est peu essentielle.
La profondeur, l’excès même de ta douleur te donnent la mesure exacte des
possibilités de joie et de résurrection qui dorment en toi. Le pire mal n’est
pas la souffrance, mais l’insensibilité. [Même chose pour l’indifférence, cette
indifférence qui tue, qui pousse parfois ceux qui la subissent au désespoir et
au suicide].
Le christianisme croit à la fécondité du mal parce qu’il sait tirer du mal les
suprêmes fruits de l’amour. [Saint Augustin disait : « De tout mal lui-même,
Dieu tire un bien plus grand »].
Un Être qui écoute
Bassesse et profondeur. – En face du vice, de la cruauté, de la débauche, du mal
en général, on éprouve parfois une impression d’abîme, de « terrible mystère ».
Mais cet abîme n’est pas dans le mal, il n’est que dans le bien refusé. Rien
n’est plus banal que le mal : c’est surtout à force de sottise et d’étroitesse
que le vice est répugnant. L’enfer est un pays plat. En dépit de tous les
romantismes, la bassesse ne s’identifie jamais avec la profondeur. [On en
revient ici à la prière de Bienheureuse Élisabeth de la Trinité, citée plus haut
: « l’abîme de vos grandeurs »].
Ce qui me répugne le plus dans l’homme ? Le bonheur sans l’innocence.
Précisément tout ce que l’homme cherche !
Remords et conversion. – La vraie guérison du péché se reconnaît à l’oubli – au
moins affectif – du péché. Le remords est encore une connivence avec la faute.
[Le Père Jacques Philippe, de la Communauté des Béatitudes, à Rome, a écrit : «
La douleur tranquille vient de l’Esprit Saint ; le remords inquiet vient du
Malin ». Voilà des paroles qui nous éclairent sur la bonne façon d’aller nous
confesser].
(pour approfondir le sujet, cf. « Précis de la doctrine sociale catholique », Ferdinand Cavallera, Éditions Spes, Paris, 1933).
La position de l’Église catholique sur le prêt à intérêt émane d’une part, de sa doctrine sociale et de l’Évangile ; et d’autre part, d’un certain nombre de textes, rédigés par des Papes et lors de Conciles.
On précisera qu’aucun de ces textes n’a été modifié ou annulé par le Concile Vatican II. Dès lors, ils restent aujourd’hui d’actualité.
Avant d’aborder la question de l’Église face au taux d’intérêt, il importe donc de présenter brièvement sa doctrine sociale. Celle-ci s’appuie notamment sur la justice, la charité et l’équité qui, dans le langage catholique, sont des vertus venant de la grâce divine, soit de Dieu.
La justice :
La justice consiste à respecter le droit du prochain. Et le droit, à son tour, est le moyen, pour chacun, de réaliser son destin sans qu’il y soit mis obstacle. Il y a donc réciprocité de droits. Chacun doit pouvoir travailler librement à réaliser sa fin.
La charité :
La charité, c’est la sympathie à l’égard d’autrui. Elle fait aimer Dieu comme bien suprême et, par amour pour Dieu, elle fait aimer tous ceux que Dieu aime. Dieu aimant toutes les personnes humaines, le chrétien doit, lui aussi, toutes les aimer.
Par exemple, l’attitude du Pape Benoît XV à propos des prisonniers de guerre et des secours aux Russes affamés a bien montré que la charité est étrangère aux distinctions de race, de nationalité et de religion. Par exemple aussi, le sacrifice de la vie terrestre pour assurer la vie éternelle aux autres : ainsi, les aumôniers en temps de guerre.
L’équité :
L’équité est une vertu qui émane à la fois de la justice et de la charité. Par exemple, le créancier qui accorde un délai de paiement ou une remise partielle de dette au débiteur placé dans une situation difficile ; le patron qui, ayant réalisé un bénéfice exceptionnel, y fait participer ses ouvriers.
Le prêt à intérêt :
A l’époque où apparaissent les chrétiens, l’injustice usuraire, c’est-à-dire, en langage contemporain, l’injustice en matière de taux d’intérêt, est florissante. L’usage en matière d’usure autorisait des pratiques monstrueuses.
Avec Saint Luc (VI,35 : « faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour »), les Pères de l’Eglise puis l’empereur Constantin, Charlemagne et le Pape Léon XIII notamment, la doctrine catholique devient de plus en plus stricte : d’une part, contre la légitimité du prêt à intérêt sous une forme quelconque ; d’autre part, contre le développement économique, qui de plus en plus fait appel au capital rémunéré.
La doctrine est stricte car elle considère que l’argent en tant que tel est stérile ; qu’il est instrument d’échange, mais en aucun cas instrument de production ; et qu’il y a donc injustice à lui assurer une part de bénéfice. En résumé, le prêt doit être absolument gratuit et les usuriers doivent être excommuniés.
Tout au long de l’histoire, l’Eglise continue de condamner le prêt à intérêt. Elle interviendra surtout par la bulle Vix pervenit du Pape Benoît XIV qui confirme la doctrine catholique telle qu’elle avait été définie par le Vème Concile de Latran.
De nos jours, de nombreux catholiques ne respectent ou ne connaissent pas la bulle Vix pervenit. Cependant, les sociologues catholiques fidèles à cette bulle, insistent sur l’utilité qu’il y a à recourir au contrat de société, qui met en commun les ressources du capital et du travail pour se partager les bénéfices et les risques, sauvegardant ainsi les conditions de moralité.
Aujourd’hui, plus que jamais dans l’histoire, le lecteur est confronté à un immense choix de littérature. Cependant, dans cette incroyable variété d’ouvrages, il manque souvent l’essentiel : des livres écrits sous le regard de Dieu.
Mais au fait, comment s’y prend-on pour rédiger de tels livres ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons combiné, dans le présent article, l’expérience, très riche, de Jean Guitton, avec la nôtre, qui elle, est bien pauvre en comparaison de celle de l’auteur catholique français (cf. Jean Guitton, « Le travail intellectuel », Editions Montaigne, Paris, 1951).
Écriture et âme
Sous chacun de ses aspects, le travail intellectuel, le métier de journaliste ou d’écrivain, ont des rapports avec la vie intérieure. C’est pourquoi, la dimension intellectuelle ne devrait pas être séparée de la dimension spirituelle. Mais hélas, le vingt-et-unième siècle a perdu cette relation de l’intelligence avec l’âme. De ce fait, notre temps souffre de la séparation entre d’une part, la science, la littérature, la technique, et d’autre part, l’esprit.
Pourtant, l’esprit de la religion n’est pas si éloigné de celui de la science, quand celle-ci cherche à progresser. « L’élévation, disait Novalis, est le plus excellent moyen que je connaisse pour éviter les collusions fatales. Par exemple, l’élévation de tous les citoyens au rang de noble, de tous les hommes au génie, de tous les phénomènes à l’état de mystère… »
Lire avant d’écrire
Avant de commencer à écrire sous le regard de Dieu, il faut apprendre à lire efficacement. Les auteurs spirituels, qui connaissaient la manière de lire un livre pour en faire la nourriture de l’âme, s’arrêtaient de lire, dès que leur âme était touchée. Un Père du désert, voulant méditer le Pater, n’avait pas dépassé après quelques années le mot « Notre Père… », qui contient tout.
On dit que les anciens, même lorsqu’ils étaient seuls, lisaient à haute voix. La lecture rapide, avec les yeux et sans articulation, est une invention moderne, et l’Église romaine, ancienne en cela, défend à ses prêtres cette lecture du bréviaire par les yeux.
On peut se demander ce que serait devenue la foi, si elle n’avait pas eu quelque Écritures pour sla soutenir. Le premier objet que la religion consacre, c’est un texte. La religion nous apprend à lire : elle enseigne que ce qui existe de beau et de vrai dans un ouvrage, ne vient pas de son auteur : un croyant pense que la Bible est écrite par l’infini pour lui. Il a même l’idée que, si l’Esprit a inspiré Isaïe, ce même Esprit a aussi choisi ce moment-ci, ce verset-ci, sur lequel on tombe providentiellement pour se donner un secours et comme une seconde inspiration.
Dans notre civilisation la Bible est encore, assez souvent, le livre par excellence. Ce qui est ici admirable est que ce n’est pas un livre mais un recueil de tous les genres de livres, sauf l’abstrait. Elle contient sous un petit volume toutes les espèces de la parole, depuis le code jusqu’au chant d’amour, en passant par les calmes proverbes, les plaintes, les cris, les paraboles, les récits tantôt sanglants, tantôt pleins d’harmonie.
Les bienfaits d’un livre de religion ou de mystique ne sont pas seulement réservé à ceux qui ont la foi. Tout homme est religieux, dans la mesure où il est capable d’attention et de silence. On a souvent noté la ressemblance de l’attention avec la prière. Cette ressemblance est oubliée par les deux partis ; car les croyants se laissent aller à des prières sans attention ; et les incroyants se contentent d’actes d’attention sans prière.
A cet égard, l’office des religieux est admirable en ceci que la psalmodie y soutient les moments défaillants de la prière. Il est bon de chercher cet équivalent dans les autres offices de la vie.
Après la question de savoir comment lire, vient celle de l’inspiration devant la page blanche, au moment de commencer à écrire. C’est une affaire de confiance et de patience. Pourvu que l’auteur soit présent d’âme et de désir, rien n’est jamais dépourvu de sens ; tout peut recevoir plus tard une signification.
Les anciens n’écrivaient guère. Les Sages d’Israël n’écrivaient pas. Et Jésus n’a jamais écrit, sauf une fois, sur le sable, quand il parlait à la femme adultère.
L’effort d’écrire
Mais cela n’exclut pas pour autant l’effort d’écrire. Il s’agit là de ne pas se tromper soi-même, appelant effort ce qui n’en est que la préparation. Allumer les cierges, ce n’est pas dire la messe.
Et celui qui a reçu de Dieu ce don de la confusion des pensées, de la difficulté face à l’effort de commencer, puis de poursuivre l’effort de l’écriture, de la rédaction, « qu’il se console et qu’il coure sa chance. Il risque d’être prophète, d’avoir disciples, église ». L’obscurité dont on souffre en secret comme d’une impuissance, voici qu’on découvre qu’elle est adorée de certains lecteurs ; et cela force l’auteur confus à devenir « le prêtre d’une religion ayant racine dans son infirmité ».
L’écrivain Simone Weil transmettait ce message comme suit : « Si on cherche avec une véritable attention la solution d’un problème de géométrie, et si, au bout d’une heure, on n’est pas plus avancé qu’en commençant, on a néanmoins avancé durant chaque minute de cette heure dans une autre dimension plus mystérieuse. Sans qu’on le sente, sans qu’on le sache, cet effort en apparence stérile et sans fruit a mis plus de lumière dans l’âme. Le fruit se retrouvera un jour, plus tard, dans la prière. Il se retrouvera sans doute aussi par surcroît dans un domaine quelconque de l’intelligence, peut-être tout à fait étranger à la mathématique… ».
C’est pourquoi, s’il y a vraiment désir, si l’objet du désir est vraiment la lumière, le désir de la lumière produira la lumière. Les efforts du curé d’Ars, pendant de longues années pour apprendre le latin, ont porté tout leur fruit dans le discernement hors du commun avec lequel il apercevait, au confessionnal, l’âme même des pénitents au-delà de leurs paroles et de leurs silences.
La grâce d’écrire
Si l’effort est louable, il n’a toutefois un effet utile et salutaire, selon la profonde idée du christianisme, que s’il se déploie dans un milieu prévenant et accompagnant, qu’on appelle la grâce et qui est le contraire même de l’effort. Par la grâce, « la mélodie de la mesure peut régner en nous » ; la grâce permet à l’individu d’éviter les impulsions de la volonté, les idées fixes, les obsessions.
Sans la grâce, l’effort de la nature reste vain, et même il aggrave l’état antérieur. Que serait la conscience du péché sans la grâce ? Elle donnerait le vertige et précipiterait dans ce qu’on redoute. En toute matière l’attitude la plus favorable est celle qui imite la grâce ou lui ressemble.
Ecrire dans l’instant présent
Voilà pour la grâce. Mais la question de l’instant présent, elle aussi, revêt une grande importance. Ce qui est donné en ce moment, dans le présent immédiat, il faut l’accepter et l’approfondir. Alors, on vivra. Le principal est de faire ce que conseillait le vieil Ecclésiaste, auteur d’un des livres de l’Ancien Testament : se donner de la joie dans son travail, faire jouir son âme au milieu de son travail.
Dans cette perspective, il importe assez peu que la matière soit noble, exceptionnelle : on se satisfait mieux avec un sujet qui paraît insignifiant. On observe ce trait chez les saints. Ce qui implique, dans le travail intellectuel, que l’on sache négliger. Que l’on ne cherche pas à tout comprendre : « Accroche-toi à un seul point et pirouette tout autour ».
Toutefois, il faut à un moment donné passer à une rédaction dans la durée. Si l’on n’était pas obligé de mettre au jour son vague intérieur, jamais on ne s’exprimerait. C’est une si grande peine de donner un corps à la pensée, de « se crucifier à sa plume », comme Lacordaire en donnait conseil à Ozanam. Alors il est bon d’être pressé par l’obligation, limité par le temps ; il est même utile de manquer du temps nécessaire.
S’il est bon de manquer de temps, il n’est pas bon, en revanche, de manquer de connaissances linguistiques. L’homme qui n’a pas une ou deux langues à sa disposition ne jouira pas du monde. Il sera comme un aveugle, puisqu’il possèdera « les choses sans posséder le Verbe, qui est la lumière des choses ».
En mai dernier, comme souvent d’ailleurs, diverses situations nous ont semblées confuses, sur le chemin qui mène de l’information à son destinataire. On prendra deux exemples : le premier concerne l’introduction de certains organes génétiquement modifiés (OGM) dans l’alimentation de l’Union européenne (il s’agirait ici de maïs) ; et le deuxième exemple, a trait à la lutte contre la drogue en Colombie.
Fait piquant, les lecteurs ont pris connaissance des deux informations le même jour dans le même journal. Sans compter les autres événements relatés ce jour-là. Dans le feu de l’action, qu’a-t-on retenu ? D’abord, que l’alimentation européenne n’est pas à l’abris des OGM, et donc, des nouvelles biotechnologies. En suite, on a retenu qu’en Colombie, les cultures servant à la fabrication de la drogue sont détruites dans des conditions dangereuses pour les agriculteurs locaux et à leur détriment économique. En effet, quand les hélicoptères anti-drogue américains saupoudrent les cultures de coca, ils touchent aussi les agriculteurs et leurs familles qui se trouvent tous les jours à proximité.
Disons le ici franchement, le quidam est un peu désorienté ; un peu beaucoup même. En matière d’OGM, le problème est le suivant : la recherche scientifique n’a pas établi qu’ils sont dangereux. Mais elle n’a pas non plus prouvé que les OGM sont inoffensifs. C’est bien là que réside la seule grande question. Or, en la matière, il faut de nombreuses années de recherche avant de pouvoir se prononcer. Le résultat des recherches se fera à long terme : au moins 15-20 ans, parfois beaucoup plus. La drogue, la cigarette, l’amiante et la radioactivité ont elles aussi eut des effets à long terme. On n’a pas maîtrisé leur effet dès le début.
Quant à la Colombie, la destruction des cultures alimentant les réseaux de la drogue est extrêmement complexe. C’est vrai que les Américains s’y prennent mal, qu’ils touchent les agriculteurs colombiens lorsqu’ils détruisent sans discernement le coca ; que les méthodes de destruction utilisées causent des victimes.
Nous l’avons dit dans l’introduction : diverses situations nous ont semblées confuses, sur le chemin qui mène de l’information à son destinataire. Le quidam, le lecteur, le destinataire de l’information est désorienté. Est-ce une fatalité ? Pas du tout. Il existe même de bonnes nouvelles. En parle-t-on ? Pas assez.
Prenons ici un exemple, publié dans le KTO Magazine du 9 mai 2004. « Après avoir sillonné le monde à la recherche des signes d’espérance, Christian de Boisredon fonde, avec deux complices, le Prix Reporters d’Espoir, avec la Fondation de France. Remis le 5 mai dernier à l’Unesco, celui-ci récompense les journalistes qui ont médiatisé en 2003, des initiatives positives ».
« Christian de Boisredon n’en est pas à son premier coup d’essai. En 1999, à peine sorti de ses études, ce jeune ingénieur en agronomie entreprend avec deux amis un tour du monde de l’espérance. » (…)
« A son retour, le jeune baroudeur cherche à pousser plus loin l’expérience. Il rencontre Laurent de Chérisey, PDG d’une agence de communication et Béatrice Leproux-Gillet, journaliste et directrice des programmes documentaires sur France 2. A eux trois, ils fondent en 2003 l’association Positive Network qui se veut être la première agence d’information positive »
« Les gens en ont assez d’entendre des catastrophes. Surtout, ils se sentent impuissants face à l’actualité, souligne Christian de Boisderon. Il faut bien sûr parler des problèmes de notre société. Mais le monde est fait d’ombres et le lumières. L’objectivité impose qu’on parle aussi de la lumière, et qu’on lui accorde la même importance qu’à l’ombre ».
L’article publié dans KTO est intéressant. La réalité ne lui donne pas régulièrement raison. L’objectivité dont parle KTO n’est pas toujours respectée, loin de là. Mais le problème n’est pas insurmontable. L’agence d’information http://.swissfax.info et le magazine KTO sont deux exemples parmi tant d’autres, qui diffusent de bonnes nouvelles. Ainsi, la récente délégation canadienne et suisse des Pèlerins de Saint Michel à Madagascar, invitée par la commission justice et paix de l’épiscopat malgache, pour une mission de conseil en développement.
Cette mission a été reçue par les responsables politiques nationaux et régionaux ainsi que par les médias. Les propositions de la mission reposent sur la doctrine sociale de l’Eglise et sur l’encyclique vix pervenit du pape Benoît XIV.
En accord avec les évêques malgaches, la mission a proposé de créer 500 banques privées locales qui pratiqueront le prêt sans intérêt. Ces banques seront détenues par leurs clients.
Ces mesures ont un caractère urgent. Actuellement, les banques installées à Madagascar pratiquent des taux d’intérêt pouvant aller jusqu’à 36 % et même plus.
L’Élargissement de l’Union Européenne (UE) a eu lieu officiellement le 1er mai dernier. Cet élargissement s’est fait au profit dune dizaine pays de l’Europe Centrale et Orientale (PECO).
Avec ses nouveaux membres, l’UE regroupe ainsi 25 pays membres, 450 millions d’habitants et un budget total de plus de cent milliards d’euros.
Comment se fera l’aide de l’UE aux nouveaux adhérents ? Il reste à fixer ce que l’intégration coûtera à l’Union européenne dans la prochaine décennie. Il s’agit de 50 milliards d’euros par an qui doivent être investis dans les régions les moins avancées. L’Union financera des moyens de communication, des infrastructures et des PME.
Actuellement le niveau économique des PECO est inférieur de 50 % à celui de l’UE. Dans combien de temps les PECO atteindront-ils notre niveau de vie ? Plusieurs décennies. Une trentaine d’années peut-être.
Dans les anciens pays membres, on redoute que les nouveaux membres se jettent sur l’Ouest pour y chercher du travail. Cette crainte n’est pas vraiment fondée. Elle surestime la mobilité des gens. Dans les PECO, les travailleurs des régions défavorisées hésitent à se déplacer vers les régions les plus avancées de leur propre pays. Un journaliste accrédité à Bruxelles ajoute : « Pour aller chercher du travail en Europe occidentale, ces personnes seraient en plus confrontées au problème de la langue. En outre, les nouveaux pays membres devraient connaître ces prochaines années une croissance de l’ordre de 3,9 pour cent, soit deux fois plus que dans la ‘vielle Europe’ ».
La question s’était déjà posée dans le passé, pour des pays tel que l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce. Contrairement à la crainte de l’époque, les travailleurs de ces pays ne s’étaient pas tous rués en masse vers des pays de l’UE plus prospères, comme la France ou l’Allemagne.
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Pétition pour la diffusion du film la Passion de Mel Gibson
Soutien au film de Mel Gibson, la Passion par Familiaplus. Case postale 65, 1001 LAUSANNE
www.familiaplus.com s’allie avec d’autres mouvements et lance notamment un mouvement de soutien au film controversé de Mel Gibson, la Passion du Christ.
Ce film représente crûment les 12 dernières heures du Christ.
Les critiques, souvent sans même avoir vu le film, insistent sur le fait que ce film serait anti-sémite.
C’est un mensonge. En effet, le réalisateur affirme lui-même que c’est ses fautes personnelles et celles de chacun d’entre nous qui ont contribué à la Passion. De plus, les acteurs juifs du film disent n’avoir jamais ressenti ce sentiment, sans compter le fait que le Christ lui-même et tous les premiers chrétiens étaient juifs.
Vu la gravité de la situation actuelle de corruption économique, politique et culturelle dans le monde entier, il est évident qu’il y des coupables au mal qui se répand partout.
Pour lutter contre ce mal, www.familiaplus.com recommande d’aller voir ce film et de signer une pétition pour encourager les distributeurs européens et suisses à cesser leur boycott. Familiaplus. Case postale 65, 1001 LAUSANNE
Pour tout renseignement complémentaire : www.swissfax.info 021 652 07 82 fax : 021 652 05 71
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Familiaplus. Case postale 65, 1001 LAUSANNE
Israël : quel avenir ?
Suite aux attaques extrêmement brutales de l’armée israélienne, dans la bande de Gaza, Yossef Lapid, ministre israélien de la justice dans le gouvernement Sharon, a déclaré, en conseil des ministres : « Nous apparaissons comme des monstres dans le monde, et si nous continuons comme cela, on va nous expulser de l’ONU, nous juger à la Cour internationale de la Hayes et personne ne voudra avoir affaire avec nous ».
Il faut dire que dans la bande de Gaza, les deux camps utilisent des méthodes inacceptables. Il existe des tunnels souterrains qui relient Gaza à l’Égypte. Ces tunnels permettent aux Palestiniens d’infiltrer des terroristes vers Israël. D’autre part, toujours à Gaza, des Palestiniens armés utilisent des véhicules de l’ONU pour certains de leurs déplacements. Tous ces éléments témoignent du chaos qui règne dans ce territoire.
Autre élément révélateur : lors d’un raid israélien sur Gaza, une mère palestinienne de 19 enfants témoigne. Pour elle, les Palestiniens remporteront la victoire dans la durée, avec l’arme démographique.
Toutefois, une lueur d’espoir subsiste. Elle brille dans une communauté nommée « les Juifs messianiques ». Il s’agit de Juifs israéliens qui reconnaissent en Jésus-Christ le vrai Messie. D’où cela vient-il ? Il se trouve que le chef de file des Juifs messianiques, le professeur Ruben Berger, a eu une apparition du Christ dans un songe. Sa communauté ne s’est pas convertie au christianisme. Mais elle rencontre sans complexe des chrétiens de tous bords, chrétiens d’Orient, groupes évangéliques et catholiques européens. Ensemble, ils se veulent artisans de paix pour Israël.
[Ce cantique d’amour parle de ma femme Catherine. Il figure sur Internet, http://swissfax.info. Le nom de famille n’est pas précisé. En effet, ceux qui ne nous connaissent pas n’ont pas besoin de connaître notre identité].
Je n’arrive pas a définir la couleur de ses yeux.
Elle change avec la lumière.
Ses yeux sont-il châtain clair ?
Peut-être, mais d’autres couleurs s’entremêlent.
Elle a de très beaux yeux, ni très clairs, ni très foncés,
cela est certain.
J’ai toujours aimé ses yeux.
Ils reflètent force et douceur.
Je pourrai en parler pendant des heures.
Cela fait vingt ans que nous sommes mariés.
Ces yeux sont toujours aussi beaux.
Comme je l’aime Catherine.
Toute ma vie je l’aimerai.
Je souffre de le dire.
Je voudrai qu’elle soit toujours là.
Pourquoi ai-je tant tardé à comprendre que je l’aime si fort ?
Pourquoi ne vivons-nous pas ensemble ?
Mon Dieu, faites qu’elle me pardonne.
Je crois qu’elle m’aime encore.
Les années passent et elle est toujours aussi belle.
Comment l’aimer du mieux que je peux ?
Si seulement je pouvais lui donner tout ce qu’elle mérite.
Je souffre d’en parler car je ne peux en cet instant la serrer dans mes bras.
J’aime sa démarche, souple et assurée.
J’aime ses anches si féminines.
J’aime ses cheveux brun clair.
Comment ai-je pu être aussi ingrat ?
Je ne voudrais pas que nous mourrions séparés.
J’ai confiance.
Que la Vierge Marie nous protège de son manteau !
Que je guérisse et si je ne guéri pas, que je continue de l’aimer.
Pourquoi ai-je tant tardé à apprendre la douceur ?
Mon cœur se serre et je souffre.
Allongés l’un contre l’autre, je la trouvais aimante.
Je lui ai donné trois fils et une fille.
Elle n’a pas souffert des années.
Je la trouve toujours aussi jeune.
Pourquoi me faire du souci ? La vie n’est pas terminée !
Catherine, si belle, si belle, qu’elle me pardonne !
Elle reflète si bien la beauté d’une Française.
Et moi, impuissant et maladroit, je ne trouve pas assez de mots,
pour décrire sa beauté.
Faudra-t-il que je vive des années dans un monastère,
pour retrouver un jour la couche de Catherine,
pour la serrer dans mes bras,
pour l’embrasser,
pour lui dire comme elle est belle ?
Elle, si belle, pourvu qu’elle ne m’oublie pas,
pourvu qu’elle me reste fidèle.
Elle, si belle, si gracieuse, je l’aime tant.
Jamais personne ne trouvera une femme aussi belle
et aimant tant nos beaux enfants.
Nous avons un fils au ciel, beau comme un ange.
S’il est si beau, c’est que sa mère est ravissante.
Miguel
Où va-t-on ?
Suite aux attentats d’Al Qaïda, en mars dernier, à Madrid, une question chatouille les européens : Où va-t-on ? Non mais c’est vrai à la fin. Il suffit que les potes à Oussamma se comportent comme des sauvages dans la capitale espagnole, juste avant les élections, et c’est la foire un peu partout.
En Espagne, la droite libérale cède la place à la gauche socialiste. En France,
aux élections régionales, c’est la même chose. Mais le Premier ministre Raffarin ne s’en est pas allé pour autant. Le peuple gaulois est-il descendu dans la rue ? Non, pas vraiment, mais il aurait pu le faire en masse.
En Belgique, début mars, le plus grand procès jamais vu c’est ouvert sur une affaire de pédocriminalité. L’audience a mobilisé plus de 300 policiers et quelque 1300 journalistes. L’affaire est particulièrement horrible. Des enfants ont été abusés, sacrifiés, dans des sectes sataniques. Des témoins gênants ont été assassinés.
L’actualité s’est un peu emballée à cause du printemps, dit-on ; mais tout de même, quel chaos ! Les uns disent qu’on y perd son latin ; et les autres, que c’est devenu de l’hébreux. D’ailleurs, de ce côté là aussi, qu’est que ça barde. On dynamite le chef du Hamas à coup de missiles et voilà que ça pétarade dans tous les coins du Proche Orient.
Que nous reste-il pour nous changer les idées ? Internet ? La radio ? La télévision ? Parlons-en. A moins d’avoir un parapluie antivirus dernier cri, ce sont les virus de tout poil – chevaux de troie, hackers, spams – qui agressent les internautes à longueur de journée ; sans parler des publicités pornographiques et des images pédocriminelles.
De fait, le verre est toujours à moitié vide ; jamais à moitié plein. Que ce soit chez PPDA sur TFI ou ailleurs, l’actualité est sans arrêt meurtrière. Ariel Sharon veut transformer Israël en forteresse imprenable, quitte à murer sa propre population. Bush ne souhaite pas nous partager les aveux de Saddam Hussein. Irak, l’actualité varie entre guérilla, attentats suicides et prises d’otages. Bref, l’opinion se forge sur ce que l’on veut bien lui jeter en pâture, c’est à dire, pas grand chose et surtout, pas grand chose de positif.
Et « chez nous », en Suisse ? Est-ce mieux ? Non, pas du tout. Si la soupe est pleine (nom d’une émission de la Radio Suisse Romande) le fameux verre, lui, est de plus en plus vide. Les caisses aussi, d’ailleurs. Regardez, par exemple, la Banque Cantonale Vaudoise (BCV). Dans le Matin du 1er mars 2004, Jean-A. Luque écrivait : « L’Etat de Vaud a dû sauver in extremis la BCV de la faillite et recapitaliser (…) à hauteur de presque 2 milliards de francs ». Pour mémoire, rappelons que Gilbert Duchoud, ancien patron de la BCV, a remis, pendant des années, à certains de ses directeurs, d’une part, des primes et, d’autre part, des enveloppes de la main à la main, pour des montants variant entre des dizaines de milliers et des demi millions francs suisses par personne. Tant qu’à faire, pourquoi se gêner.
Pour conclure, on citera la cerise sur le gâteau, à savoir « L’affaire Mel Gibson ». Quelle passion dit donc ! On les savait pas très démocrates, les défenseurs du politiquement correct. Mais là, franchement, cela frise le ridicule. Quel est le problème ? C’est qu’il ne fallait pas aller voir le film « La passion » qui, justement, en a beaucoup déchaîné. Et pourquoi, ne fallait-il pas aller voir ce film ? D’abord, parce qu’il serait trop violent. En suite, parce qu’il inciterait à l’antisémitisme. Le premier argument est curieux. Ceux-là mêmes qui, depuis des décennies, tolèrent, voir, encouragent, la violence à l’écran sont, tout à coup, concernés par la question. Le deuxième argument est douteux. Mel Gibson a porté à l’écran un épisode crucial, c’est est le cas de le dire, de l’Evangile. N’était-ce pas son droit ?
La « famille médiatique » romande se distingue
La « famille médiatique » romande s’est distinguée, en novembre de cette année, lors de l’élection partielle au Conseil d’État (gouvernement) vaudois ; plus précisément, lors du deuxième tour de cette élection.
Que c’est-il passé ? Tout a commencé par un événement, à priori, anodin : le candidat du Défi vaudois, Marc-Etienne Burdet, s’est désisté et s’est fait remplacer par un autre candidat, toujours au nom du Défi vaudois : François de Siebenthal. Normalement, dans une démocratie moderne, cela arrive sans provoquer le moindre remous.
Fait anecdotique et grotesque, on a reproché au candidat de Siebenthal 30 secondes de retard, dans le dépôt de sa candidature ; alors que, vérification faite, il avait 38 heures d’avance.
Mais, outre ce fait stupide, cette fois-ci, tout, c’est déroulé différemment. Car la « famille médiatique » romande - notamment les quotidiens Le Matin et 24 Heures du groupe Edipresse, Le Temps et La Tribune de Genève - a réagi avec véhémence à la candidature de Siebenthal.
Pourquoi ? Parce que, a-t-on écrit, ce deuxième tour a coûté un demi million de francs suisses. Il y a donc eu véhémence médiatique face au coût de la démocratie. A-t on réfléchi à pareil argument ? Pas vraiment. On l’a plutôt pris pour argent comptant – si l’on ose dire – et on a crié au scandale.
A partir de cet argument « financier », tout le débat a été faussé par, justement, des « faussaires fossoyeurs du jeu démocratique ». Le point central du débat n’était plus le programme du candidat de Siebenthal, mais la dépense dont il était le vilain coupable.
François de Siebenthal trouva un mécène iranien pour fournir le fameux demi million. On parla de monnaie de singe. Alors que l’argent est bel et bien placé sur un compte. Et qu’il devrait être débloqué au bénéfice du mécène ce mois-ci.
Sur le fond, une question reste posée : tout candidat au deuxième tour, remplaçant un candidat au premier tour, devra-t-il, dorénavant, dans notre démocratie suisse, payer de sa poche les frais électoraux normalement pris en charge par l’État ?
Le candidat de Siebenthal a pris les devants, non sans humour : il collecte des fonds dans des pays du tiers-monde. Puisque la Suisse est à ce point fauchée, la pauvre petite.
L’argent va arriver : la famille Nguefack à Douala (Cameroun) et la famille Tinio à Manille (Philippines), sont d’accord de faire un geste. Dira-t-on, cette fois encore, qu’il s’agit de monnaie de singe ?
La conséquence la plus manifeste de cette farce monstrueuse, que nous devons à la « famille médiatique » romande, c’est que les Suisses, nous passons, à l’étranger, une fois encore, pour des gens infiniment petits et mesquins.
Une rumeur persistante veut même que le crétinisme des Alpes, que l’on croyait éradiqué, serait redescendu des montagnes, par hélicoptère Air Glacier, jusque dans les salles de rédaction vaudoises. Une devise locale est ainsi plus que jamais confirmée dans les faits : « Y’en a point comme nous ».
Mais les invectives écrites à propos du « candidat coûteux », dans un premier temps très pécuniaires, prirent, dans un deuxième temps, une tournure psychanalytique. L’opération « coup de pognon » ayant échoué, on lança l’opération « coup de folie ». En clair : le candidat de Siebenthal est un fou.
Fou, il l’est sur tout les plans. Religieux, puisqu’il est - et c’est faux - à la fois adepte d’Ecône et de l’Opus Dei. Moral, car il est pour les familles nombreuses et contre l’avortement. Économique, parce qu’il condamne le taux d’intérêt et la création monétaire abusifs. Politique, vu qu’il a l’audace de critiquer le rôle occulte des loges maçonniques et des sociétés secrètes. Familial et personnel, étant donné qu’il a repris le flambeau catholique de son père.
Vu sous cet angle démentiel, sa candidature n’est que l’ultime coup de folie avant l’internement psychiatrique. On ne l’écrit pas de façon explicite. Mais on le sous-entend sournoisement. Ce n’est pas la dictature totalitaire. C’est la dictature soft, insidieuse et anesthésiante.
De l’Irak aux prochaines élections présidentielles françaises ; du Koweït au groupe pharmaceutique franco-allemand Aventis ; de la Syrie aux Universités en France ; de l’Arabie saoudite aux ventes françaises d’armes de défense ; une même question se pose : le Moyen Orient serait-il parfois omniprésent dans la politique et l’économie européennes ; et plus particulièrement françaises ?
Dans une récente dépêche d’agence, Philippe Reinhard, analyste politique français, prévoit que Jaques Chirac ne se présentera pas au prochaines élections présidentielles et qu’il en fera l’annonce deux ou trois mois avant l’échéance électorale. « A moins de circonstances exceptionnelles », précise Philippe Reinhard.
Lesquelles ? L’analyste français précise : « Je n’en vois qu’une : que Saddam Hussein parle des relations très étroites entre l’Irak et la France ». « Une chose me frappe depuis quelques semaines », poursuit Reinhard, « rien, absolument rien ne filtre sur les confessions de Saddam Hussein, qui est pourtant interrogé tous les jours. Si Georges W. Bush est réélu cet automne, il pourrait peut-être se servir de ces révélations pour régler son compte à Chirac ».
Fin janvier, le groupe français Sanofi-Synthélabo a effectué une offre d’achat inamicale de 48 milliards d’euros sur le groupe pharmaceutique franco-allemand Aventis. Pour mémoire, on rappellera qu’Aventis est le résultat de la fusion, en 1999, entre le groupe français Rhône-Poulenc et la société allemande Hoechst.
Parmi les actionnaires actuels d’Aventis figure une holding du nom de Kuwait Petroleum Corporation (KPC), dont le président n’est autre que l’actuel ministre koweïtien de l’énergie, le Cheikh Fahad al-Ahmed. La KPC, principal actionnaire d’Aventis, détient 13,5% des parts et 13,6% des droits de vote chez le groupe franco-allemand.
Il y a une vingtaine d’années, la KPC effectuait un important investissement dans Hoechst. Depuis, la holding koweïtienne, par le biais de sa participation dans Aventis a réalisé une coquette plus-value de 2,5 milliards d’euros.
Si Aventis était rachetée par Sanofi-Synthélabo ou par tout autre groupe pharmaceutique, tel l’américain GlaxoSmithKline ou le suisse Novartis, la KPC effectuerait à nouveau une belle plus-value, en vendant sa participation dans le capital du groupe convoité.
En revanche, le personnel d’Aventis payerait très cher l’acquisition sous forme de rachat inamical. Jusqu’à 12'000 emplois seraient ainsi menacés, selon les syndicats allemands et français.
La Syrie et la France viennent de renforcer leur collaboration dans le domaine universitaire et scientifique. Cette collaboration inclut le secteur informatique. La Syrie bénéficiera du savoir-faire français en la matière.
Il est intéressant de
constater que dans le même temps, la Syrie a conclu un accord semblable avec
l’Iran. Le recteur de l’Université de Damas, Mohammad Isam al-Awa et le recteur
de l’Université iranienne de technologie, mathématiques, économie,
administration et médecine, Ali
Abadi ont discuté de coopération scientifique et signé un accord en ce sens.
De l’Arabie saoudite aux ventes françaises d’armes de défense
La multinationale française de défense Thales (ex-Thomson-CSF), dirigée par Denis Ranque, négocie depuis longtemps un contrat de plus de 5 milliards d’euros avec l’Arabie saoudite. Il s’agit du projet Miksa, véritable bouclier de haute technologie, devant assurer la sécurité aux frontières saoudiennes, notamment face aux infiltrations de terroristes islamistes.
Dans ce contexte, Thales fait l’objet de poursuites, de la part d’un homme d’affaires chrétien libanais, Nasr Abou Diwan qui, depuis huit ans, participe aux négociations avec les Saoudiens sur le projet Miksa. L’homme d’affaires libanais réclame quelque 100 millions d’euros pour son rôle d’intermédiaire.
Le Moyen Orient omniprésent en Europe ?
Le télescopage de ces différents événements, sur une même période de quelques semaines à peine, soulève la question de l’omniprésence du Moyen Orient dans la politique et l’économie européennes ; et plus particulièrement françaises.
Chacun de ces événements, pris isolément, représente, en soi, une occasion d’influer telle ou telle étape majeure de la vie économique et politique européennes. Pour certains de ces événements, on ne peut exclure des conséquences extrêmes.
Par exemple, si la France fournit de la technologie informatique à la Syrie, ce qui, on vient de le voir, est désormais le cas, celle-ci peut la transmettre à l’Iran et aux mouvements terroristes que ces deux pays soutiennent.
Même chose pour l’Arabie saoudite, qui pourrait bénéficier d’un ensemble de technologies dont certains éléments peuvent être transmis à des tiers. Car s’il est vrai que l’Arabie saoudite connaît un problème d’infiltrations terroristes sur son territoire ; il n’en demeure pas moins qu’elle soutient des mouvements islamistes hors de ses frontières.
Pour tenter de saisir les intentions d’autrui, il demeure parfois nécessaire de lire entre les lignes et de se livrer à quelques petits calculs.
Prenons un exemple. Début mai 2003, le Pentagone (Ministère américain de la Défense) informait que les alliés disposent de plus de 300'000 soldats au Moyen-Orient, dont 140'000 en Irak même et 160'000 dans d’autres pays de la région. Ils profitaient de l’occasion pour ajouter que 100'000 soldats américains supplémentaires étaient en route vers la région. Quelques jours plus tard, les mêmes Américains faisaient savoir que leur présence militaire en Irak pourrait diminuer de 140'000 à 30'000 hommes.
Faisons maintenant notre petit calcul : 140'000 (soldats en Irak) moins 30'000 (maintenus en Irak) égal 110'000 (soldats déplacés de l’Irak vers d’autres pays de la région). Or, 110’000 (soldats déplacés de l’Irak vers d’autres pays de la région) plus 160'000 (soldats déjà sur place) plus 100'000 (soldats supplémentaires en route vers la région) égal 370'000 (soldats alliés au total dans la région).
C’est le nombre colossal de soldats alliés répartis au Moyen-Orient hors de l’Irak. Un chiffre révélateur : car si les Etats-Unis réduisent leurs effectifs en Irak, tout en les augmentant considérablement dans d’autres pays alentours, c’est qu’ils ont peut-être une idée derrière la tête ?
Au milieu de l’été 2003, les Américains nous ont donné, plus ou moins volontairement, deux pistes.
Première piste : la menace américaine d’intervenir militairement contre la Syrie, pays frontière de l’Irak, du Liban, de la Turquie et de la Jordanie. Deuxième piste : la «feuille de route» du nouveau plan de paix dans le cadre de la guerre israélo-palestinienne. Fait intéressant, les deux priorités américaines, jusqu’au milieu de l’année 2003, étaient, premièrement, la lutte contre «l’axe du Mal» (Irak, Iran, Corée du Nord) ; et deuxièmement, la lutte contre le terrorisme.
Or, voici que les deux nouveaux facteurs dominants des Etats-Unis sont la mise au pas de la Syrie ainsi que la paix israélo-palestinienne, via une «feuille de route».
De deux choses l’une : soit, les Américains n’ont pas de véritable stratégie et agissent au coup par coup ; soit, Saddam Hussein, ses armes de destructions massives et son soutient au terrorisme étaient et demeurent une occasion pour implanter l’armée US au Moyen-Orient ; pour influencer l’ensemble de cette région ; pour sucer son pétrole et soutenir Israël.
Le nouveau président de la République populaire de Chine, Hu Jintao, silencieusement choisi en 1992, officiellement annoncé en novembre 2002, et entré en fonction, pour cinq ans, le 17 mars 2003, est confronté à un grave dilemme : où trouver du pétrole ?
Hu Jintao, 60 ans, natif de Shanghaï, ingénieur de métier, est un communiste convaincu depuis quarante ans. Désormais, il contrôle le gouvernement, le parti communiste et l’armée. Par la même, il règne sur le 1,3 milliard de citoyens de l’Empire du Milieu, soit un cinquième de la population mondiale.
Son Credo, écrit François Hauter, correspondant du Figaro à Pékin : « ordre et prospérité ». Or, aujourd’hui, cette double exigence implique la recherche urgente de pétrole. « Car la Chine a peur de manquer », explique Frédéric Koller, dans La Liberté de Fribourg.
PETRO-CHINA ATTAQUE
Dès juillet 2002, la Chine communiste réagit à l’expansion des groupes pétroliers américains, en Asie centrale, entamée par ceux-ci en 1995.
Petro-China, premier groupe pétrolier chinois, signe un accord avec l’anglo-nerlandais Royal Dutch-Shell ainsi qu’avec les sociétés russes Gazprom et Trotransgaz, pour un montant équivalent à 8 milliards de francs suisses.
L’accord prévoit de connecter les oléoducs et les gazoducs chinois avec ceux de la Russie, du Kazakhstan et du Turkménistan.
Au total, 4'000 km de pipelines relieront notamment les gisements pétroliers et gaziers du Kazakhstan au port chinois de Shanghaï, sur l’Océan pacifique.
SINOPEC & CNOOC
En mars 2003, c’est au tour de SINOPEC et de CNOOC, respectivement deuxième et troisième producteur chinois d’hydrocarbures, d’entrer en scène.
Ils investissent près d’un milliard de francs suisses, notamment avec British Gas, dans les champs d’hydrocarbures D’Asie centrale, essentiellement au Kazakhstan.
KAZAKHSTAN : MOTIF ?
Pourquoi tant d’intérêt pour le Kazakhstan ? Par ce que, en matière de pétrole, ce pays est en train de devenir le rival, peut-être même le remplaçant, de l’Arabie Saoudite. Sa base d’extraction pétrolière, à Tenguiz, est devenue le sixième plus grand champ pétrolier du monde.
D’ailleurs, comme écrit plus haut, côté Etats-Unis, on n’a pas prospecté en Asie centrale suite aux attentats du 11 septembre 2001. Les plans ont commencé discrètement dès 1995. C’est notamment le cas du pétrolier américain Chevron-Texaco et du fabricant américain de pipelines Unocal.
Mais le problème pétrolier de la Chine ne sera pas entièrement résolu par son approvisionnement au seul Kazakhstan.
De fait, l’Empire du Milieu importe 40% de ses besoins pétroliers. Il est donc fortement dépendant de l’extérieur.
OU D’AUTRE TROUVER ?
Ce n’est pas en Irak «libéré » que la Chine trouvera une solution. D’abord, l’Irak constitue moins de 3% des importations chinoises de pétrole. Ensuite, les Américains, c’est le moins que l’on puisse dire, ne semblent pas disposés à partager grand chose avec les autres dans ce domaine. La Chine devra donc négocier avec la Russie, l’Europe et le Japon pour ne pas dépendre d'un Moyen-Orient imprévisible.
Il est des familles pas comme les autres. Par exemple, la famille Corleone, dont l’extraordinaire saga maffieuse nous a été relatée au travers de la trilogie cinématographique du très sicilien Parrain.
Ainsi en irait-t-il peut-être aussi, écrivent certains, de la famille Bechtel, dans une version, cette fois-ci, plutôt wasp (white anglo-saxon protestant). La famille Bechtel est plus qu’une simple famille. La famille Bechtel est un groupe industriel et financier avec, nous dit-on, des ramifications jusque dans l’entourage direct du cercle Bush. Tiens donc.
Le grand public connaît le nom Bechtel depuis quelques jours seulement. En effet, le Wall Street Journal et le Washington Post ont récemment écrit que ce groupe sera un important acteur économique en Irak. Ah voilà.
De fait, le groupe, spécialisé dans les travaux publics, y compris l’installation de pipelines (oléoducs et gazoducs), dont le siège est à San Francisco, recevra $700 millions, de la part de l’Administration Bush, pour des projets d’infrastructure dans le cadre de la reconstruction de l’Irak. C’est sympathique, le contribuable va payer.
Tout ceci soulève quelques petites questions « impertinentes », tel que nous l’avons déjà fait, dans notre dernière édition (cf. Familiaplusnews N°7). Par exemple, est il exact qu’un très haut responsable dans l’Administration Bush, travaillait pour Bechtel dans les années 1980 ? A l’époque, il s’agissait de construire des pipelines à travers l’Irak et la Jordanie.
Rappelons que Bechtel réalise, chaque année, plus de 13 milliards de dollars de chiffre d’affaires à travers un millier d’activités dans près de 70 pays. On le voit, les managers du groupe sont très performants.
A ce propos, est-il exact que l’actuel patron du groupe officie au sein du President’s Export Council ? Et qu’un des senior vice-presidents de Bechtel oeuvre au sein du Defense Policy Board du Pentagone ?
On le voit, d’une part, les fabricants d’armes et de pipelines et, d’autre part, les responsables, notamment militaires, du gouvernement, semblent bien se connaître.
Que le président américain soit réélu ou pas en 2004, son entourage a déjà tissé, juste au cas où, un joli réseau de copins bien placés ; question de ne pas se retrouver sans activité ni domicile fixe le jour ou il faudra quitter la maison blanche. On n’est jamais assez prudent, n’est-ce pas.
Dans la nuit du 19 au 20 mars 2003, en la Fête de Saint Joseph, artisan de paix, l’armée américaine s’aventurait dans ce qui, cinq mois plus tard, s’appelle encore « la deuxième guerre du Golfe ».
Près d’une demi année après le début de l’intervention américaine, il est sans doute permis de poser quelques questions,fussent-elles jugées « impertinentes » par certains.
L’administration Bush a choisi de « libérer » l’Irak car Saddam Hussein constituait, selon elle, une « menace immédiate pour la sécurité des Américains ».
Or, quelque 150 jours plus tard, seul le pétrole irakien a été « libéré », au seul profit, dans un premier temps du moins, des groupes pétroliers américains ; et pour pallier à une éventuelle fermeture, partielle ou totale, des robinets d’or noir saoudien à la soif américaine d’hydrocarbures.
Jusqu’à présent, le pétrole irakien était géré par une entreprise d’Etat. Désormais, il l’est par une société irakienne privée, dont le président n’est autre que Philip J. Carroll, ancien directeur de Shell-USA. Tout ceci est-il normal ?
Saddam Hussein avait prévu des accords pétroliers avec des sociétés françaises, russes et chinoises notamment. Ces accords sont-ils considérés comme caduc par les Américains ? Est-ce que, dans le meilleur des cas, seuls les Anglais et les Australiens auront part au gâteau pétrolier irakien sous tutelle américaine ?
Quant à la menace immédiate pour la sécurité des Américains, on notera qu’aucune arme de destruction massive n’a été découverte à ce jour. Est-ce parce qu’une partie de ces armes ont été livrées par les Américains eux-mêmes, lors de la guerre Iran-Irak dans les années 1990 ? Et que, de ce fait, il vaut mieux ne pas les découvrir ?
Il y aurait bien d’autres questions à poser. Mais ne frisons par l’overdose. Mieux vaut revenir sur le sujet en temps voulu.
Le clone est-il quelque chose ou est-il quelqu’un ? Et s’il est quelqu’un, a-t-il, oui ou non, une âme ? Indépendamment de toute considération éthique ou religieuse, cette double question mérite aujourd’hui une réponse scientifique claire et définitive.
A ce propos, le droit de succession est assez révélateur. En effet, il part du principe que dès sa conception, l’enfant devient héritier. Même si le père meurt entre d’une part, la conception et d’autre part, la naissance proprement dite de l’enfant.
Or, si l’embryon, ou le clone, est héritier, il ne peut, en même temps, être quelque chose. Si le clone était quelque chose, comment deviendrait-il, par un simple coup de baguette magique, quelqu’un, y compris un héritier, au jour de sa naissance ? Le droit romain l’avait déjà bien compris, il y a plus de 20 siècles…
Quelque chose ou quelqu’un de scientifique ?
Pour les milieux scientifiques, une partie des embryons obtenus par division en culture de « cellules souches », en fait d’embryons humains, sont des clones sont destinés à l’exploitation pharmaceutique. De là, à fabriquer des hommes artificiels, il n’y a qu’un pas, diront certains.
Or, le clone n’est pas une copie ou un sosie de l’être original. La biologie atteste que le noyau donne à la nouvelle cellule créée non la totalité mais l’essentiel de son information. C’est donc un être nouveau unique qui commence à vivre. Et cet être nouveau a été personnellement créé. C’est une nouvelle vie humaine qui commence normalement dès les premières secondes de la fécondation. En effet, celle-ci empêche tout autre spermatozoïde de pénétrer l’ovule qui vient d’être fécondé. Or, dans le cas de clones, elle commence soit dès la jonction artificielle de deux bagages génétiques, parfois de deux femmes sans aucune présence masculine, soit par division d’un embryon déjà existant, qui peut être théoriquement divisé plusieurs fois et pendant plusieurs jours en autant de clones de culture de souches, comme les vrais jumeaux.
Vie sans âme ou âme sans vie ?
Un homme de Dieu écrivait récemment : « Nous ne pouvons pas imaginer que des humanoïdes sans âme peuplent la terre ».
A l’heure où nous mettons sous presse, le monde catholique romain fête l’Assomption de la Vierge Marie. Le fruit de ce mystère est la grâce d’une bonne mort. Mais avant une bonne mort, quelqu’un n’est-il pas en droit d’espérer une bonne vie ? Encore faudrait-il lui révéler comment et quand celle-ci commence. Or, dans le cas de Marie, la mère de Jésus, l’Eglise dit que c’est lors de l’ Immaculée Conception, qui commence 9 mois avant sa naissance, donc dès la première cellule. Vérité de foi maintenant confirmée par la science et par la loi, notamment au Texas où, dès ce premier septembre 2003, la personnalité juridique sera reconnue dès la conception.
Le Pape Jean-Paul II a d’ailleurs déclaré :
« D'autre
part, l'enfant qui n'est pas encore né est également un
homme; et même, puisque être parmi « les plus petits » est un titre
privilégié d'identification au Christ (cf. MT xxv, 4o) comment
pourrait-on ignorer une présence particulière du Christ dans l'être
humain en gestation, lui qui est vraiment, parmi les autres êtres
humains, le plus petit, le plus exposé, puisqu'il est privé de tout
moyen de défense et qu'il n'a pas encore de voix pour protester contre
les coups portés à ses droits les plus élémentaires ? »
Qui peut-être plus petit qu’un être humain congelé au stade d’une seule cellule, sans aucune protection d’un père terrestre puisque par exemple clone fabriqué de deux femmes ? Nous voulons protéger ce million d’embryons surnuméraires congelés en leur donnant un droit de grâce face à une peine de mort après les tortures de la « recherche » en les adoptant. Voici le message essentiel de la pétition mondiale Flocons de neige (initiative en Suisse) que vous trouverez en annexe et sur le site www.familiaplus.com, car chaque flocon de neige est scientifiquement unique comme chaque être humain. Nous avons besoin de votre signature ou de votre e-mail de soutien à info@familiaplus.com et de parents adoptifs.
Des tentatives en ce sens ont récemment été déjouées par la police en Thaïlande et à Singapour.
De plus, cet Etat est le plus grand pays musulman de la planète avec ses 212 millions d’habitants.