www.swissfax.info

 

NOTE AU DOSSIER

Tribune libre pour journalistes brimés ailleurs. Swissfax connaît les auteurs qui sont seuls responsables de leurs écrits.  Les articles peuvent être repris selon les conditions générales.

Mots clés :

agence de presse / service d’information / news / brèves / dépêches / information alternative / service de presse / agence d’information / sociétés secrètes / sectes occultes / franc-maçonnerie.
 

La pénétration maçonnique dans la société chrétienne.

Étienne Couvert

Le problème qui se posa d'abord aux révolutionnaires pour

détruire la Société chrétienne fut celui-ci :

Comment pénétrer dans cette société et peu à peu en

détruire les structures politiques et sociales, puis les convictions religieuses ?

Il fallait donc d'abord séduire l'opinion catholique en lui

faisant absorber des principes destructeurs présentés comme des

idées nourricières. Il fallait ensuite écarter la méfiance ou l’hostilité

des autorités politiques et religieuses (rois et pape) d'où la politique

du secret et le respect au moins apparent des convictions chrétiennes.

Il fallait patiemment substituer sans jamais le dire une pensée gauchie

par des falsifications successives, progressives mais insensibles, à la

pensée chrétienne ; il fallait une tolérance officielle des loges en organisant

un recrutement initial, défectueux, parce qu'imprégné de mentalité

chrétienne, mais déjà apte à recevoir quelques germes nouveaux.

Ainsi la Constitution maçonnique d’Andersen affirme les

principes qu'elle veut détruire, mais elle prépare les déformations.

Elle proclame l'existence de Dieu, le respect de la religion, mais elle

se déclare philosophique et progressive. Elle affirme que son but est

“la recherche de la vérité et la liberté de conscience” ; contradiction

énorme: comment rechercher la vérité, si l'on doit respecter toutes les

religions ? Comment garder sa liberté de conscience, si l'on doit professer

l'existence de Dieu ? On commence à préparer les “vagues

d'assaut successives contre l'Église Catholique“. La tolérance ne peut

se combiner avec le respect de toutes les religions, puisque certaines

sont intolérantes. La recherche de la vérité suppose la suppression de

tous les dogmes religieux, puisqu'ils sont immuables et qu'ils sont

déjà une vérité acquise. Les Papes condamnent-ils la F.M.? Ils manifestent

par là leur intolérance et leur attitude provocante.

La F.M. avait préparé aussi l'aveuglement des pouvoirs

politiques. Il lui fallait se donner une façade plaisante, mondaine pour

détourner toute méfiance et obtenir l'autorisation d'exister, condition

absolument nécessaire pour agir efficacement sur une population profondément

chrétienne, dont l'éducation religieuse avait depuis des

siècles imprégné l'âme.

1)- La F. M. est une Société d'Éducation

Révolutionnaire.

Il n’était pas possible pour les dirigeants, de donner directement

des ordres et d'exiger l'obéissance sans se dévoiler et se rendre

vulnérables. Il fallait donc procéder autrement.

Parmi le tout venant des adhérents aux loges, il fallait opérer

une sélection : les hommes honnêtes et paisibles s'éliminent peu à

peu : soit dégoût des rites bizarres ou stupides, soit indifférence : la

porte de sortie est largement ouverte. Il suffisait d’écouter un enseignement

plus inquiétant pour obtenir le dé part des initiés restés relativement

honnêtes : c'est une première forme d’épuration, lorsque la

F. M. prépare une action plus fortement révolutionnaire. Les départs

sont compensés par des nouvelles recrues. Restent les ambitieux, les

mécontents. Il suffit de renforcer un enseignement plus “philosophique,

progressif et éclairé”.

-- Il reste à les convaincre qu'ils travaillent en vue du progrès

de l'humanité, qu'ils sont les champions d'un ordre nouveau,

enfin libérés des vieilles vertus routinières.

Les dirigeants maçonniques utilisent deux méthodes

remarquables pour obtenir cette éducation révolutionnaire :

a) La double hiérarchie : une hiérarchie administrative

officielle qui maintient un appareil institutionnel relativement anodin,

et une hiérarchie secrète : celle des hauts grades dans laquelle les

initiés ne sont pas élus par la base, mais cooptés par les grades supérieurs.

Les grades administratifs élus sont renouvelés annuellement et

démocratiquement : ils sont l'image même de nos gouvernements

modernes. Les hauts grades sont obtenus par une sélection rigoureuse

des plus convaincus et sont conférés à vie.

b) Les “cercles intérieurs” où se pratique 1a dynamique de

groupe. Par atelier, un petit nombre d'adhérents, environ une vingtaine

; circulation libre et fréquente des hauts gradés au cours des tenues

d'ateliers, qui se déroulent toujours selon un rit à caractère religieux

pour imposer même aux sceptiques une certaine crainte respectueu-

se. Or, avant la tenue d'un atelier, les hauts gradés se sont réunis entre

eux ; ils ont mis au point la direction des débats, les idées dominantes

à faire pénétrer dans les esprits et à faire adopter. Ils se retrouvent

à deux ou trois, parmi la masse des frères non initiés ; ils n'ont pas

d'ordre ou de consigne à donner. Ils suggèrent, ils proposent les formules

et les décisions. Les autres frères, non initiés aux grades supérieurs,

croient être eux-mêmes spontanément venus aux décisions

qu'ils prennent alors. C'est la dynamique de groupe.

Voici, quelles sont les idées essentielles qui resteront dans

les esprits des simples frères ; la FM est sacrée, son origine se perd

dans la nuit des temps. Son symbolisme est obscur, équivoque, mais

la légende d’Hiram permet de renverser le sens de la Bible : Caïn

odieusement calomnié, victime de la jalousie d'Abel, ancêtre de tous

les grands inventeurs de l'histoire, père de la “Civilisation, du Progrès

et des Lumières”,

La tolérance est la grande vertu du frère initié : On a même

supprimé le G.A.D.L.U pour ne pas blesser la conscience de ceux qui

ne croient pas à l'existence de Dieu. “Parmi toutes les opinions qui se

heurtent, le frère peut défendre les unes, mais doit accepter le voisinage

des autres et les respecter.

Cette tolérance est prêchée avec fanatisme, les frères

modérés sont dénoncés pour leur mollesse devant l'Intolérance, pour

leur manque d'ardeur à prêcher la Tolérance. Ainsi les hommes les

plus doux vont petit à petit devenir fanatiques ; cette idée de

Tolérance doit être une arme sans cesse tournée contre l'Église intolérante.

On respecte le chrétien “sincère”, le chrétien “éclairé”, on

fustige le chrétien fermé sur son dogme, incapable d'ouvrir son esprit

aux “lumières” de la nouvelle société, ! ’intégriste en somme. Donc

l’ennemi à abattre. Et voici que le frère est prêt à passer l'action. Son

éducation révolutionnaire est quasiment achevée.

2) La F. M. est une Ecole de préparation à

l'Action.

Après cinquante ans de cette éducation, il faut passer à

l'action. En effet, au cours d'une première génération d'initiés, une

sélection remarquable a pu être opérée. À la génération suivante, la

plupart des initiés sont enfin assez préparés à la ''haine“ de la civilisation

chrétienne et de la Foi catholique pour que l’on puisse espérer

une révolution avec quelque chance de succès et sans trop de remous,

de sursauts et d'oppositions à l'intérieur de la Société maçonnique.

Vient le jour J, celui de la Révolution. Les hommes sont

prêts. La F.M. a terminé son œuvre éducative. Elle se met “en sommeil”.

Elle échappe ainsi aux conséquences de l’Échec, s'il y en a.

Les frères constituent des Sociétés d’action révolutionnaire : les

Jacobins, les Théophilanthropes, la Charbonnerie, la Ligue de l’enseignement,

l'Hétairie grecque, les Fenians irlandais, les ''Jeunes

Turcs”. Restent des circulaires confidentielles, des influences individuelles

soigneusement couvertes pour rappeler aux frères hésitants ce

qu’on attend d’eux.

Au moment du passage à l'action révolutionnaire, une

multitude de frères ouvre les yeux : les principes inculqués aboutissaient

donc à cela, qu'on ne voulait pas. Ce sera la fuite des frères

désabusés. Resteront seulement les violents, les ambitieux. La dernière

épuration est achevée. La Révolution sera aux mains des

“purs“, les esprits complètement éclairés. Enfin, “l'Infâme” va être

abattu.

3) La F.M. est une Contre-Eglise camouflée

- Il existe dans les Hauts grades, celui de Rose-Croix le 18-

ème. L'initié qui a enfin passé ce grade est nécessairement prisonnier

de sa haine contre l'Église catholique.

Comment provoquer cette haine antireligieuse ? Faire pratiquer

à l'initié des gestes, prononcer des paroles devant témoins qui

puissent révolter tout homme honnête et de bonne foi. À ce moment,

l'initié est prisonnier de ce qu’il vient d'accomplir. Il est “tenu” par les

autres initiés, témoins définitifs de la profanation. Le rit d’initiation

au Grade de Rose-croix est une haineuse profanation de la Sainte

Messe. Il comprend un signe d'ordre dit du bon Pastcur : un mot de

passe “Emmanuel” auquel on répond “Pax Vobis”. Puis, se déroule la

“Cène” rosicrucienne : pain et vin sur la table.

Le Maître des Cérémonies déclare : “que ce pain nous

maintienne en force et en santé” puis “que ce vin, symbole de

l'Intelligence élève notre esprit. Puis“Prenez et mangez, donnez à

manger à celui qui a faim”. “Prenez et buvez, donnez à boire à celui

qui a soif“. Enfin : “Tout est consommé. Retirons-nous en paix“.

Le texte maçonnique dit :

Le Chevalier Rose-Croix est un apôtre. Son apostolat lui

commande de placer l’Amour de l'Humanité, poussé à l'extrême

sacrifice, en frontispice de l'Oeuvre qu'il poursuit… Un historique

même abrégé de ta Croix dont l'origine se perd dans la nuit des temps.

Le point crucial ainsi déterminé (par la Croix) est l'axe de la Roue

Universelle des Choses, engendrée par la Révolution de la Croix

autour du point d'intersection de ses branches, image de l'Évolution

du Grand Tout, lieu de rencontre des valeurs extrêmes ou opposées,

ce point crucial est aussi le Médiateur et il est assez curieux de remarquer

que le nom égyptien de ce Médiateur est “Kryst” qui signifie le

Possesseur du Secret, etc…”.

Après une pareille initiation et une telle profanation de la

Sainte Messe, on peut se représenter l'état d’esprit d'un évêque F.M.

célébrant l'office religieux. Ce pourrait être par exemple le F.M.

Talleyrand, pour ne pas citer quelques évêques ou cardinaux plus

récents.

Etienne Couvert

http://www.finality.ch/XPC97__.htm

 

Annexe au texte sur la Franc-maçonnerie

Enfin, pour terminer la présentation succincte des pages

26 à 31 ci-dessus, nous jugeons très utile de publier un document

ancien, qui a échappé à l'attention des éditeurs de la Diffusion de la

Pensée Française lorsqu'ils ont réédité les “Mémoires pour servir

l'histoire du Jacobinisme de l'Abbé BARRUEL.

Actes du Colloque de Lyon 1989 - Chapitre III

La pénétration maçonnique dans la société française ou

“comment on prépare une révolution.”

Comment on entre en loge

Par amitié personnelle, après avoir perdu la foi, dans

l'espoir d'y trouver fraternité, idéal, tolérance, etc… et de n'y pas faire

de politique. Dans les réunions en loge, on écoute des discours, puis

on en fait. Pure société de pensée, sur deux thèmes : La F.M. est

une société sublime, sacrée, humanitaire. Elle a un seul ennemi: Le

Catholicisme. Quelques maîtres mots : Raison — Vérité — Égalité

— Liberté — Fraternité, avec maintien de traditions rituelles : Une

religion laïcisée. Avec l'affirmation de “tolérance pour toutes les religions”,

on y enseigne le mépris de la seule Église Catholique, sous

une apparence de respect. La F.M. exige un serment répété à chaque

tenue de “garder le secret”. Le secret n'existe pas au niveau d'une

tenue de loge, mais ce serment répété avec menaces précises crée l'inquiétude,

les hésitations. Un moyen de tenir les initiés comme des

prisonniers.

Quelques questions : La F.M. est universelle, mais divisée

en rites distincts. Elles est puissante, mais ses membres sont de

médiocre qualité. Derrière des apparences anodines, gentilles, il y a

une réalité cachée. L'autorité semble venir d'en bas : élection des officiers

en loge par les maçons ; donc impossibilité de transmettre des

ordres venus d'en haut.

Une société secrète ?

Qu'est-ce qu'une “Société secrète” ? Les F.M. nient constituer

une société secrète : Elle est déclarée, reconnue d'utilité

publique. On en connaît les adresses, les dates des tenues, les principaux

membres élus, le Grand Maître. La F.M. a pignon sur rue :

revues que l'on peut lire, consulter, listes de membres publiées, etc.

Protection des rois, des présidents de la République (Amérique,

Angleterre), défilés en uniforme, protection de grands personnages.

Il faut considérer comme secrète toute société qui a des

secrets : ce sur quoi elle garde son secret. Une société ordinaire déclare

son but ; un objet connu de tous, intéressés ou non : société sportive,

chorale, etc.

Des hommes qui veulent cacher le but de leur association,

peuvent se réunir dans un secret total de lieux, de temps, d'organisation.

En fait le secret de ces sociétés est très facile à pénétrer. On ne

peut obtenir avec certitude le silence et la complicité de tous les

membres de cette société, malgré les ser- ments. On ne peut pas

recruter les membres sans révéler le secret. Quand elle perd ses membres,

elle perd son secret.

Une société, pour rester secrète, doit trouver un moyen

d'associer ses membres sous une façade honorable et publique. Un

faux monnayeur doit se trouver un autre métier honnête, par exemple

celui d'artiste. Il faut que le but véritable de la Société ne soit connu

que des dirigeants et dévoilé progressivement et jamais complètement

aux initiés. Ceux-ci travaillent à la réalisation du but, sans le

connaître, donc avec bonne conscience et sûreté et en croyant travailler

à un autre but plus facile à divulguer. Ainsi ils peuvent commettre

des indiscrétions, révéler le but erroné, ils renforcent ainsi

l'illusion dans laquelle ils sont et donnent une apparence de vérité à

l'erreur.

La F.M. est une société secrète

a) Elle varie dans ses buts officiels : tantôt humanitaire,

tantôt anticléricale, tantôt politique, tantôt philosophique. Exemple :

les rites Grande Loge, Grand Orient. Selon les nécessités politiques

de l'époque et pour pouvoir durer en paix.

b) Elle cache ses buts à ses adhérents eux-mêmes qui

varient dans leurs explications de la F.M., tantôt chrétiens, tantôt tolérants,

tantôt sectaires. Elle a enseigné le respect de la monarchie, puis

s'est dévouée aux Bonaparte pour les trahir ensuite. Elle a voulu se

confondre avec la République dans certains pays mais pas dans d'autres.

La F.M. ne cache pas son existence, mais elle cache ses

buts à ses adhérents.

Par ailleurs, elle garde une uniformité d’organisation à travers

les différents rites, une uniformité d'idéal humanitaire, une

initiation à un secret vide de contenu.

Elle doit proposer à ses membres un but d'action pour les

attirer et les maintenir sous une certaine pression. Elle a donc deux

visages bien différents:

a) un visage conservateur, traditionnel, patriote dans les

pays protestants, anglo-saxons: défilés officiels, etc;

b) un visage antireligieux, révolutionnaire, antimonarchique

(assassinat des rois) dans les pays de religion catholique:

Grand Orient, persécutions religieuses.

Elle se montre d'abord soumise, religieuse, respectueuse.

Elle recherche des Grands Maîtres parmi la haute noblesse traditionnelle;

puis, lorsqu'elle a acquis de la puissance, insensiblement elle se

montre antichrétienne, persécutrice et destructrice des valeurs: la

lutte est engagée à mort contre le catholicisme, sans trêve, sans merci.

Elle s'est prétendue respectueuse de la religion, de la foi de

ses membres. Elle s'est montrée respectable dans son recrutement.

Malgré cela, elle accepte progressivement les anti-chrétiens, en faisant

semblant de les refuser. Elle affiche des principes moraux qu'elle

contredit au nom de la tolérance. Puis elle exclut par épuration les

catholiques, les déistes, etc. Elle a adoré le Grand Architecte De

L'Univers, puis l'a rayé de ses constitutions après être passée par la

“Déesse Raison” et la “Théophilanthropie”. Du déisme, elle est passée

à l’athéisme et au matérialisme. Elle affirme ne pas faire de politique,

puis ses membres deviennent officiellement maîtres du pouvoir,

en 1789, en 1848, en 1871, avec massacres, persécution antireligieuse,

etc.

Voilà une incohérence apparente, qui ne saurait engendrer

la force et la continuité dans l'action. Elle dissimule ses plans comme

un assassin cache son poignard. Elle ne présente nulle part une personnalité

officielle parlant en son nom. Les F.M. mentent sans s'en

douter. Ils semblent sincères lorsqu'ils disent les choses les plus

contraires à la vérité, celles auxquelles les faits donnent les plus éclatants

démentis. Monarchistes, puis bonapartistes, puis républicains,

selon les circonstances, ils attribuent à la F.M. leurs propres sentiments

contradictoires, leurs jugements incertains. Or le frère initié a

juré de “ne rien dire ni écrire de ce qu'il aura vu dans les assemblées

sans une permission expresse et seulement de la manière qui pourra

lui être indiquée” donc de ne pas dire la vérité, car la vérité n'a qu'une

manière et elle n'a pas besoin d'être indiquée.

Il faut donc étudier les documents maçonniques avec le

souci d'en relever les contradictions et de retrouver les règles de

conduite de l'association à travers de multiples variations.

Elle exerce sur ses membres une véritable dictature : le

Conseil de l'Ordre trouve les moyens de coercition sur chaque

homme politique F.M. : “Il faut mettre au pied du mur les membres

du Parlement qui sont franc-maçons en les tenant par leur propre intérêt”,

“rappeler à ceux qui les oublient leurs serments, juger maçonniquement

ceux qui oublient, ceux de nos frères à qui nous avons donné

autorité sur le monde profane”. Exclusion, non réélection, certains

perdent brusquement toute autorité politique, par exemple Napoléon

I, Napoléon III, tentative d'assassinat (Orsini). Ils ne sont plus libres,

ils ont des chefs qui peuvent “les replonger dans le néant d'où elle les

a tirés”. “Nous sommes obligés de nous soumettre à une discipline

volontairement consentie par laquelle nous recevons l'initiation, nous

faisons l'abandon d'un certain nombre de nos droits et de notre initiative

individuelle”. “La Maçonnerie doit tenir les yeux ouverts sur ses

soldats.” (G.O. Belge).

Dans un Parlement où un groupe de députés suit avec discipline

les ordres reçus de leur société secrète, les parlementaires non

affichés sont désorientés et combattent en ordre dispersé ou se laissent

circonvenir par les suggestions des initiés.

La vraie force de la franc-maçonnerie

Deux méthodes: la double hiérarchie et les cercles intérieurs

où l'on pratique la dynamique de groupe. Malgré la diversité

des rites, purement superficielle, la diversité des orientations dues

aux circonstances de temps et de lieux, il faut connaître les caractères

communs à l'ensemble des loges. a) La discipline du secret. b)

L'existence des grades par lesquels certains ont des secrets pour les

autres, à qui on les dévoile progressivement et qui constituent des

sociétés fermées à l'intérieur de la F.M., caractère commun à toutes

les maçonneries, ininterrompu depuis deux siècles. c) La force de son

organisation. En effet, la valeur personnelle du frère est en général

bien médiocre : il est attiré par vanité, par souci de sa situation, pour

une aide mutuelle, par haine antireligieuse. Les chefs officiels, vénérables,

officiers, grands maîtres, etc, sont élus dans le tout venant des

loges. Donc même médiocrité.

Une organisation administrative très simple : des fédérations

de loges. Au point de vue administratif : des rites (français,

écossais, misraim, etc), qui sont des réglementations de cérémonies

rituelles. Élection de délégués à des convents annuels, à un conseil de

l'ordre, sous la présidence d'un Grand Maître. Dans chaque atelier ou

loge : un Vénérable, un orateur, un secrétaire, un trésorier, etc. Les

rituels d'initiation sont d'une stupidité affligeante. Existence de trois

grades : apprenti, compagnon, maître ; Ils constituent la Maçonnerie

bleue : rites grossiers, chambre du milieu, mort et résurrection

d'Hiram, le constructeur du Temple de Salomon. Les tenues de loge

sont d'un ennui mortel, longues palabres politiques, cérémonies burlesques.

Aussi beaucoup de frères n'y assistent plus. Stupidité apparente,

médiocrité des personnes, mais durée de plus de deux siècles

et Universalité, puissance politique mondiale. Il faut une cause proportionnée

à un tel effet, une Intelligence organisatrice, une volonté

patiente et fidèle à son but. Les générations passent, la F.M. subsiste.

Aucune société humaine ne peut tenir, agir avec constance et intelligence

sans une tête, une direction.

Objections

a) Il est vrai, la F.M. varie dans ses aspects superficiels ;

pour mentir, elle revêt de faux masques variés, mais elle garde des

règles communes et invariables à travers les siècles.

b) Il est vrai, la force de l’Idée peut être une explication;

mais l'idée toute seule ne peut rendre compte de l'organisation d'une

institution si stable, d'autant que l'idée maçonnique est un verbiage

creux, de mots abstraits.

La F.M. ne s'est pas faite toute seule. Le pouvoir n'y règne

pas d'en bas par l'élection, mais d'en haut, d'une manière cachée. Or

nous ne voyons pas dans la F.M. administrative une transmission

d'ordres venus de supérieurs.

La double hiérarchie

Instruments de transmission d'une volonté qui veut rester

invisible : les ordres et les hommes chargés de les transmettre doivent

rester invisibles aux subordonnés ; d'où le caractère ridicule des

Hauts grades pour détourner l'attention des profanes de leur importance

; d'où aussi son caractère antidémocratique, puisqu'en apparence

du moins le principe d'égalitarisme est la base de la F.M. Il n'était

pas possible de faire accepter une hiérarchie à des hommes à qui l'on

enseignait l'égalité. Donc il fallait une superposition de grades,

inconnus par les inférieurs, formant des sociétés secrètes superposées

et pénétrant les unes dans les autres.

Le grade d'apprenti est un pur noviciat préparatoire.

Dans les tenues de loges, il y a des signes distinctifs pour

apprentis, compagnons et maîtres, mais aucun signe distinctif pour

les hauts grades. Ces derniers peuvent pénétrer dans n'importe quelle

tenue de loge comme invités, y parler, y circuler, sans qu'on puisse

connaître leur grade.

Comment monter dans les hauts grades ? Plus d'élection,

mais un choix venant d'un supérieur qu'on ne connaît pas. Le grade

obtenu par initiation est à vie alors que les officiers élus le sont pour

l'année. En effet, une fois en possession d'un secret, on ne peut l'oublier.

Aussi les bas degrés de cette hiérarchie ne possèdent aucun secret

important. Les F.M. bleus sont observés par les hauts grades. On

fait sur eux une étude des possibilités d'initiation. Il y a sélection

rigoureuse. La plupart des maîtres ne passent pas aux grades supérieurs.

On rassemble des hommes pour les étudier, les endoctriner et

choisir les instruments d'un pouvoir. Les Maîtres sont les maçons parfaits,

ils président les tenues, croient diriger réellement les loges. On

les détourne de s'intéresser aux hauts grades. Ceux-ci leur obéissent

en apparence dans la marche administrative des loges, mais ils participent

à toutes les activités ordinaires. Ils sont peu nombreux, se sont

concertés avant la tenue et y suggèrent les décisions prises.

Transmettant leur pouvoir par la force de l'entente secrète, les hauts

grades constituent des cercles intérieurs, fonctionnant à l'insu des

grades inférieurs.

Les hauts grades suggèrent des orientations de pensée, des

projets d'intervention, observent les hommes et étudient leur carrière.

Ils résistent aux directions non conformes à celles voulues par les

chefs de la Maçonnerie. Ils laissent aux participants l'impression de

la liberté de parole. C'est la "dynamique de groupe".

Les hauts grades

Il y a 33 grades, mais huit seulement sont pratiqués.

Autrefois, il fallait inspirer l'esprit antireligieux très progressivement

pour éviter des oppositions violentes. Aujourd'hui, les hommes sont

suffisamment déchristianisés pour faire sauter les étapes. Les légendes,

les symboles, les instruments rituels ont pour objet de sonder les

esprits, de voir leurs réactions, leurs résistances. Ainsi le rite du

meurtre d'Hiram excite à la haine, à la vengeance. Le rite de Rose-

Croix incite au mépris de la religion et à une profanation du rite

catholique. Il se veut une reproduction très sérieuse de la "'Cène" du

Christ. Partage du pain : "Prenez et mangez"; calice : "Prenez et

buvez". Une concélébration liturgique, parodie de la Vraie Cène.

La F.M. est un lieu d'attente, un réservoir d'hommes, un

appareil de filtrage, un canal de transmissions.

Il existe donc un pouvoir occulte international qui circule

parmi les hauts grades, qui transmet les suggestions, qui choisit les

futurs dirigeants par cooptation : peu d'hommes, triés sérieusement

dans un monde très particulier, liés par trop de secrets les uns aux autres

pour se trahir mutuellement. Exemple : Palmerston, Disraëli,

Massini. Aujourd'hui, les "Bilderberger", la Trilatérale.

Londres fut au XIXe siècle le centre de toutes les révolutions

européennes. Ces hommes organisent l'Humanité-Divinité. Ils

sont fanatisés, maîtres de leurs secrets parce que convaincus qu'ils

vont créer un monde nouveau, parfait, dont ils seront les maîtres tout

puissants. Orgueil de domination, réalisation d'un Idéal, inversion

radicale de la religion de Jésus-Christ.

Ces hommes choisis et cooptés le sont pour la vie. On ne

peut retirer l'initiation à celui qui l'a reçue, on ne peut que l'assassiner

s'il cherche à échapper au système. Par exemple : Mirabeau —

Trotsky —Napoléon III. Ils se surveillent, chacun ayant le plus grand

intérêt à ce que personne ne trahisse.

Pourquoi avoir fondé la franc-maçonnerie ?

Cette fondation fut un travail laborieux, difficile. En

valait-elle la peine ? Les fondateurs se heurtaient à une opinion hostile

; ils n'avaient pas la force pour imposer leurs buts. Quand on est

fort, on ne ment pas, on ordonne. Au début, ils durent compter avec

une mentalité chrétienne, mais divisée entre protestants et catholiques.

Or la F.M. est traditionnelle et conservatrice dans les pays protestants

; elle est révolutionnaire et violente, anticléricale dans les

pays catholiques. Elle dut corrompre, altérer, puis détruire la conscience

catholique. Mais c'était difficile. Il fallait renverser l'obstacle

de la Foi catholique sans l'avouer. Pour séduire une opinion, il faut lui

faire absorber des principes destructeurs, en les lui présentant comme

des idées nourricières.

Mais il existe un pouvoir politique ou religieux qui exerce

une certaine vigilance, capable de réagir fortement. D'où la méthode

du mensonge et du secret. Il fallait substituer à l'opinion régnante une

autre opinion patiemment fabriquée par falsifications successives et

progressives de l'ancienne. D'autre part, l'esprit chrétien est absolument

imperméable aux méthodes des Sociétés secrètes. En particulier,

le triomphe du Christianisme a éteint les sociétés antiques et leur

initiation à des mystères.

I°) Difficulté rencontrée : rassembler des individus qui ne

fussent pas hostiles aux buts des fondateurs, par exemple : les mécontents.

Mais ils ne pouvaient pas déclarer publiquement leurs intentions

sans provoquer le soulèvement de toute l'opinion publique. Il

fallut dissimuler le but véritable tout en le préparant. Obtenir une

tolérance officielle de la Société et un recrutement initial défectueux.

La déclaration initiale, la "Constitution d'Anderson" affirme les principes

qu'elle veut détruire, mais en même temps, elle prépare les

déformations et les falsifications suivantes. Elle proclame l'existence

de Dieu, le respect de la religion de ses adhérents. Elle interdit toute

discussion religieuse, mais elle est philosophique et progressive et

elle a pour but la "recherche de la Vérité" et la "liberté de conscience".

Contradiction énorme : comment rechercher la vérité, si l'on doit

respecter toutes les religions ? Comment garder sa liberté de conscience,

si l'on doit professer l'existence de Dieu, etc. Devant de telles

contradictions possibles, les fondateurs pouvaient répondre n'importe

quoi selon les circonstances et les résistances des esprits. On avait

mêlé à cela de belles déclarations sur les Arts, la solidarité, la morale,

la tolérance. Apparence de société tolérante, pacifique, affirmant

Liberté, Égalité, Fraternité. Puis on pousse les contradictions : la tolérance

ne peut se combiner avec le respect de toutes les religions,

parce que certaines sont intolérantes. La recherche de la Vérité suppose

la suppression de tous les dogmes religieux, puisqu'ils sont

immuables et qu'ils sont une Vérité déjà acquise.

Lorsque les Papes condamnèrent, dès les débuts, la F.M.,

les fondateurs les déclarèrent intolérants et provocateurs.

En passant d'une première interprétation de la Constitution

qui permettait l'établissement au grand jour de la Société, à la deuxième

interprétation, on préparait les esprits à la révolution. L'antipathie

des chrétiens à l'égard de la société secrète s'explique par l'éducation

qui repose sur l'idée que Dieu voit tout, même ce qui est caché, et que

notre vie actuelle n'est qu'un moyen de parvenir à une vie supérieure,

conquise par des sacrifices. Voilà qui engendre le sentiment de la

responsabilité personnelle. La société secrète au contraire annihile

toute responsabilité. Il fallait aussi aveugler les gouvernements sur

les vrais buts pour obtenir l'autorisation d'exister et pouvoir agir efficacement

sur toute une population. Sinon impuissance. Comment

refuser une association plaisante, avec rites d'initiation égyptiens,

antiques, singeries philosophiques, attrait de l'amusement mondain

(cf. Cagliostro) ? Attrait du secret, dans la mesure où il ne recouvre

aucun secret réel, un appât pour les badauds. Appréhension des gouvermements.

Pourquoi se cacher s'il n'y a pas de secret ?

2°) Difficulté : le grand nombre des adhérents et leur

extrême hétérogénéité.

a) Les bonnes âmes naïves servaient à fortifier la confiance

dans l'association: une garantie d'honnêteté morale, de respectabilité

sociale. Pammi les plus vaniteux, on les flatte d'être les plus intelligents,

les plus "éclairés", pour les détourner insensiblement de la

Foi.

b) les intrigants et les besogneux attirés par l'ambition,

prêts à tout pour tirer un profit: les futurs politiciens.

c) les imaginatifs idéalistes, sincères, bavards, futurs orateurs

de loges, prédicateurs illuminés, futurs hauts grades, passionnés

d'occultisme, se croient au sommet de la hiérarchie et méprisent les

politiciens. Enfin le caractère stupide et enfantin des rites détoume

les âmes les plus droites et les plus sensées de rester dans la société.

3°) Difficulté: impossibilité de commander par ordres

directs

La F.M. n'est pas un organe d'action, mais d'éducation,

dont les éducateurs doivent rester inconnus. Aussi impossible de

transmettre des ordres. En ordonnant on dévoile la source de l'ordre,

la personne qui commande. Or, on peut faire exécuter sa volonté sans

donner d'ordre. On la dissimule sous des idées bien choisies, destinées

à saper indirectement l'autorité religieuse ou politique que l'on

veut détruire pour y substituer une opinion nouvelle par suggestion.

La franc-maçonnerie est une société d'éducation.

a) Sélectionner des sujets aptes à recevoir certaines suggestions,

les nourrir de celles-ci, opérer parmi eux une nouvelle

sélection en vue d'autres suggestions en imprégnant des idées qui doivent

régner dans les esprits, éliminer les adeptes impropres ou ne pas

leur faire dépasser le degré où ils sont arrivés. Il faut 50 ans pour préparer

une révolution. On enfonce les suggestions dans les esprits, on

profite des contradictions inscrites dans les principes pour accentuer

les uns et taire les autres. Peu à peu, on rend ces suggestions plus violentes,

plus despotiques sur les esprits, jusqu'au fanatisme. La F.M.

n'est pas une ligue d'action, mais son enseignement prépare des apôtres

et des hommes d'action.

La F.M., au début, reçoit toutes sortes d'esprits, hommes

paisibles et honnêtes, incapables de penser à un assassinat politique

par exemple, des inquiets, des aigris, des ambitieux, capables de tout.

Il faut donc éliminer progressivement les premiers. Ils quittent la loge

spontanément, soit dégoûtés, soit indifférents. La porte de sortie est

largement ouverte. Pour éliminer, il suffit d'accentuer l'enseignement

dans un sens qui déplaira à beaucoup. Il y eut ainsi de nombreuses

défections retentissantes, dues à un sentiment d'honnêteté qui fait claquer

les portes, par exemple : le préfet de police Andrieux. Ce fait se

produit lorsque le pouvoir occulte veut obtenir une action révolutionnaire

plus intense. Le nombre des adeptes varie peu, les départs sont

compensés par de nouvelles recrues.

b) Suggestion.

Transformer les ambitieux, les mécontents, en apôtres d'un

"esprit philosophique et progressif éclairé". Voilà comment masquer

les passions humaines, leur permettre de se ruer en se glorifiant, de

se croire champion du progrès, supérieur aux pratiquants des vieilles

vertus routinières. Le succès de la faction philosophique au XVIIIe

siècle est dû non à la qualité des écrivains, ni à un mouvement spontané

des esprits, mais à la force de l'organisation maçonnique, d'après

la correspondance de Voltaire, entreprises de colportage, etc.

c) Conditions pour une dynamique de groupe:

Petit nombre d'adhérents par atelier, moins de vingt, circulation

libre et fréquente des hauts gradés dans les ateliers, surveillance

facile des apprentis et compagnons. Plusieurs loges, même dans

les grandes villes, pour éviter l'excès du nombre, mise en condition

par le rite d'ouverture et de fermeture des travaux, "rites et mystères

accoutumés"; le frère exerce à ce moment un véritable sacerdoce religieux.

Ces rites qui prêtent à rire au début deviennent sérieux, intimidants.

Les sceptiques abandonnent les loges.

La franc-maçonnerie est une contre-église.

Deux grands enseignements de la F.M.

1°) La F.M. est sainte et sacrée ; son origine "se perd dans

la nuit des temps". Origine lointaine, mystérieuse, obscure des rituels

"nuageux" avec un symbolisme compliqué, équivoque, des

Légendes, Mort d'Hiram et résurrection…

La légende d'Hiram remonte à celle de Cain, odieusement

calomnié par la Bible, victime de la jalousie d'Abel, ancêtre de tous

les grands inventeurs de l'histoire. La F.M. est "mère de la

Civilisation, du progrès et des Lumières."

2°) La Tolérance

Pour attirer les chrétiens, on la proclame respectueuse de

toutes les religions. On a supprimé l'article du "Grand architecte de

l'Univers" pour ne pas blesser la conscience de ceux qui ne croient

pas à l'existence de Dieu. On n'a pas supprimé "le respect de toute foi

religieuse, solidarité étendue à tous les membres de la Famille humaine,

sans distinction de religion. Parmi toutes les opinions qui se heurtent,

le frère peut défendre les unes, mais doit accepter le voisinage

des autres et les respecter." Mais, dans les loges, ce sont les violents,

les "avancés" qui prêchent les idées dont la diffusion est nécessaire à

la F.M. La tolérance y est prêchée avec fanatisme par ces derniers

contre les modérés. Ils reprochent aux modérés leur mollesse devant

les ravages de l'Intolérance, leur manque d'ardeur pour prêcher la

Tolérance. "La F.M. doit être l'apôtre de la Religion de la Tolérance."

Ils affirment leur respect pour un catholique "tolérant", mais leur

colère contre le catholique "intolérant". Puis au nom de cette tolérance,

on ameute les frères; les Jésuites sont intolérants, il faut protéger

les "bons" catholiques contre les autres, les croyants "sincères" contre

les fanatiques, puis contre l'absolutisme du Dogme. "Les hommes

les plus doux sont fatalement condamnés à devenir fanatiques dès

lors qu'ils croient à un dogme." En effet, si un dogme affirme que ceci

est vérité, il déclare par là même que cela est erreur. Il faut donc

défendre les âmes sincères contre le dogme. Voilà la vraie guerre

antireligieuse ; la "vraie tolérance" du F.M. est toujours armée, ne

tolérant plus aucune religion positive. "Le Cléricalisme, voilà l'ennemi",

dit la F.M. Elle prétend s'attaquer seulement à l'intrusion du

Catholicisme dans la politique, "le prêtre à la sacristie !"

Si, devant les attaques des frères, les catholiques outragés

s'efforcent de se défendre, ils sont accusés d'attaquer, de manquer de

tolérance. Ils sont des provocateurs. C'est le loup de la fable qui accuse

l'agneau qu'il veut dévorer. Puis lorsque l'heure semble mûre pour

l'action, on laisse tomber les initiés qui "ne suivent pas le train". On

ne respecte plus la tolérance contenue dans les statuts, on crie fortement

la vérité : "La distinction entre le cléricalisme et le Catholicisme

est purement officielle, subtile, pour les besoins de la tribune. Mais

ici en loge, disons le hautement, pour la Vérité, le cléricalisme et le

Catholicisme ne font qu'un". Ce qu'ils appellent "vérité" est un mensonge.

Ils disent "hautement" alors qu'ils parlent en loges, dans le

secret, sans risques.

Les franc-maçonneries extérieures

L'action maçonnique dans le monde profane

Journalistes, publicistes, auteurs dramatiques, chansonniers,

professeurs, instituteurs, tous les maçons diffusent dans la

Société profane les idées reçues en loge. Même le journal catholique

subit un frère qui n'y écrit que ce qu'il peut y faire passer, mais qui se

retrouve en loge avec l'enragé anticlérical.

Les sectes ésotériques : Roses-Croix, Illuminés,

Martinistes, Kabbalistes, Occultistes, Spirites, etc. Associations

variées, très antichrétiennes destinées à détacher les âmes de la morale

et de la vérité chrétienne. Les représentants du pouvoir occulte se

retrouvent dans ces sociétés ésotériques et se retrouvent entre-eux

avant et après.

La franc-maçonnerie est une école de préparation à l'action.

Longue période de propagande, de création de l'esprit nouveau

pour préparer quelques heures d'une action brutale et rapide. La

F.M. prépare l'action et s'efface lorsque l'heure a sonné. Elle dresse

les hommes et, au moment de l'action, elle se "met en sommeil". Elle

échappe ainsi aux conséquences des échecs. En cas de besoin, elle

pourra recommencer. À ce moment les frères se font appeler

Jacobins, théophilanthropes, communards, radicaux, etc. À la place

d'ordres, des "influences individuelles soigneusement couvertes" ou

des circulaires confidentielles, mais non officielles. Les frères doivent

comprendre ce qu'on attend d'eux, sans qu'il soit besoin de peser

ou de préciser la ligne à suivre.

Brusquement naissent les "clubs révolutionnaires", les

Sociétés de Jacobins et autres, des groupes de jeunes armés, selon

une apparence de génération spontanée (''l'anarchie spontanée" de

Taine), avec méthodes d'action, organisations très savantes douées

pour l'action. La France devient une vaste loge. Toute la vie publique

s'y déroule maçonniquement : Conventions, Président, Secrétaire,

Orateur, Assemblée, Symboles, Formules (Liberté, Égalité,

Fraternité"), etc. Puis les loges se sabordent. Elles sont devenues

inutiles. Les clubs font le travail : "Le Grand Œuvre". Émeutes, pillages,

assassinats, rassemblements. Par exemple : Barnave, le 16 juillet

1789 : "Nous comptons sur vous pour lancer le mouvement. Le

même existe de partout. Il est concerté d'ici."

Il n'est plus question de laisser fonctionner un organisme à

vide. Le pouvoir occulte ou noyau dirigeant est maître de la place. Le

23 juillet 1789, le frère Corbin de Pontbriand dans la loge de la

"Parfaite Union" de St. Brieux fait sonner une triple salve en l'honneur

du Frère Le Chapelier, président de l'Assemblée Nationale :

"Mes très chers Frères, le triomphe de la Liberté et du Patriotisme est

le triomphe le plus complet du véritable maçon. C'est de vos temples

et de ceux de la véritable philosophie que sont parties les premières

étincelles du feu sacré qui, s'étendant rapidement de l'Orient à

l'Occident, du midi au septentrion de la France, a embrasé les coeurs

de tous ses citoyens. La magique révolution qui, sous nos yeux, s'opère

en si peu de jours, doit être célébrée par les disciples du véritable

maître, avec un saint enthousiasme, dont les profanes ne peuvent

partager les douceurs. Les cantiques que les seuls enfants de la Veuve

chantent maintenant sur la montagne sacrée, à l'ombre de l'Acacia,

retentissent au fond de nos cœurs et les mains levées vers le Grand

Architecte de l'Univers, nous devons tous conjurer notre maître de

porter à l'autel de tout Bien, l'hommage de notre vive gratitude…

Aucun de nous, mes très chers frères, n'ignore que notre respectable

Grand Maître, le duc d'Orléans, a concouru plus que personne à l'heureuse

révolution qui vient de s'opérer…"

Évidemment, la plupart des Frères imbéciles n'avaient pas

voulu cela. Les révélations de F.M. désabusés sont lamentables.

Voici, dans les Mémoires de Dufort de Cheverny : "Je me souviens

que, dans les commencements du club des Jacobins, pendant les six

premières semaines de son établissement, quand j'y étais entraîné par

Beauharnais, l'abbé d'Espagnac et beaucoup d'autres gens que je

croyais et que je crois encore très honnêtes et qui ne devinaient pas

plus que moi où l'on voulait en venir, quelqu'un, dans cet antre affreux,

lança un propos tellement révoltant, appuyé par Lameth,

d'Aiguillon, et Rœderer que quelqu'un s'écria : "Où veut-on donc

nous mener ; Qu'on le dise, qu'on s'explique ! Serait-ce possible qu'on

voulût convertir le royaume en république ?" Des rires sardoniques

furent la réponse. Sedaine, qui était avec nous, le remarqua avec le

même effroi".

Les sources

Barruel : Mémoires pour servir à l'Histoire du

Jacobinisme, 5 vol. Réédition en 2 vol. Editions de Chiré. 86190 —

Chiré en MontreuiL

Crétineau-Joly : L'église Romaine en face de la Révolution

P. Deschamp et Claudio Jannet : Les Sociétés secrètes et la

Société, 3 vol.

Mgr Jouin et 1a R.I.S.S de 1912 à 1939.

D'anciens maçons repentis : Copin-Albancelli et Marques

Rivière.

Les documents maçonniques publiés par Bernard Fay de

1940 à 1944 sur les Archives confisquées par le gouvernement de

Vichy.

Œuvres de vulgarisation : Léon de Poncins : ses livres sont

composés d'extraits authentiques d'auteurs franc-maçons et autres

regroupés avec méthode. Réédités par D.P.F. 86 190- Chiré en

Montreuil.

Actes du Colloque de Lyon, 1989

Etienne Couvert